452
S IXIESME LIEU
Page 247,colonne 11 fligne 3o.
Page 24S ,colonne X,ligne 6.
(36) Le cliervi ( siumsisarum, L.) se multiplie àla vérité très-facilement, en séparant ses pieds;mais cette méthode ne fournit pas des racinesaussi charnues ni aussi bonnes que le semis. Cedernier, en revanche, exige beaucoup plus desoins. Il faut que la terre où on veut semer lechervi soit parfaitement meuble et bien prépa-rée , qu’elle soit naturellement douce , et, pourle mieux , un peu fraîche. En Germinal (Avril)vous y répandez votre graine, après l’avoirpréalablement fait tremper pendant trente-sixou quarante-huit heures , dans une eau douce(celle de pluie est la meilleure), vous la recou-vrez peu , et vous terreautez légèrement le se-mis. Il faut ensuite bassiner fréquemment, si letemps l’exige , de manière à entretenir toujoursune légère humidité. Avec ces soins on est as-suré de réussir, si on a semé de la graine nou-velle. On peut aussi pratiquer ce semis en Fruc-tidor ( Septembre ) , aussitôt après la maturité dela graine ; la levée alors est plus facile. Quandle plant est assez fort, on l’éclaircit, ensuite onle cultive comme il est dit au texte. Les racinessont bonnes l’hiver suivant. (U.)
( 37 ) Les semences delà raiponce ( campanularapunculus, L.') étant excessivement fines, ilfaut des soins particuliers pour assurer leur suc-cès. La terre doit être très-divisée , ameublie etparfaitement unie, la semence presque point re-couverte; il suffit de répandre dessus une lignede terreau bien menu , ou d’une terre douce etfine , ou bien de passer très-légèrement un râ-teau à petites dents sur le semis. On finit pardisperser sur le tout, quelque peu de mousse oude paille courte , destiné à empêcher les arrose-mens de battre la terre. On doit ensuite bassi-ner souvent avec un arrosoir à trous très-fins ,et aussi légèrement que possible. Ces semis sefont du commencement de Messidor (fin deJuin) au milieu de Thermidor (commencementil’Août), à une exposition ombragée. ( U.)
Depuis la publication du Théâtre d’Agri-culture, nos jardins potagers ont fait quelquesacquisitions utiles ; de ce nombre , sont lapomme de terre , la patate et le topinambour,trois plantes absolument distinctes, que l’onréunit tous les jours sous la même dénomina-
tion , malgré les efforts de plusieurs natura-listes qui ont fixé d’une manière irrévocableleurs caractères botaniques. La pomme de terre,originaire du Pérou , appartient à la classe dessolanum ; la patate , indigène aux Deux-Indes ,est un convolvulus ou lizeron ; enfin , le Brésil afourni le topinambour, qui est un helianthus.Les seuls rapports que ces plantes ont en-tr’elles , c’est la même origine ; c’est qu’ellesexigent la même qualité de sol et les mêmessoins de culture , qu’elles se multiplient par bou-ture et par marcotte, que leurs tiges et leursfeuilles peuvent servir de fourrage ; qu’enfmleurs tubercules deviennent, sans presqu’aucunapprêt, une nourriture salutaire pour l’hommeet les animaux.
Mais c’est spécialement la pomme de terrequi mérite d’occuper le premier rang , elle pré-sente le moyen de tirer parti des terreins lesplus ingrats , et les dispose à rapporter d’autresproductions. Sans être supérieure aux accidens,qui souvent préjudicient aux autres végétaux ,elle brave les premières gelées du printemps ;son produit est d’autant plus abondant, quecelui des grains l’est moins; elle se plante aprèstoutes les semailles, et se récolte après toutesles moissons ; elle nettoye , pour plusieurs an-nées , le champ infecté de mauvaises herbes , dé-truit les chiendents si abondans dans les vieillesluzernières , donne sans engrais de riches ré-coltes dans les prairies artificielles retournées ,et dispose favorablement certains fonds à rece-voir les grains qui lui succèdent. En faut-ildavantage pour déterminer les habitans des cam-pagnes à tourner leurs regards vers cette cul-ture, sur-tout s’ils peuvent se convaincre qu’enallant aux champs déterrer ces racines à onzeheures , ils auront à midi, moyennant la cuis-son dans l’eau ou sous les cendres , une sorte depain tout préparé par la Nature ?
Les espèces ou variétés de pommes de terre,dont le nombre connu se monte à douze, peuventservir aux mêmes usages , parce que toutes con-tiennent les mêmes principes ; elles ne diffèrentque par leurs proportions , ce qui admet desnuances plus ou moins sensibles dans la forme ,l’aspect et le goût. Les blanches sont , en gé-néral, plus hâtives que les rouges, et deman-