DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 485
terminer une plus prompte germination, maisjamais leur immersion dans des liqueurs parfu-mées n’aura d’influence sur l’odeur ou la sa-veur des fruits.
On appelle stratifier, ou mettre en jauge, lesnoyaux ou autres espèces de semences que l’onconserve dans la terre ou le sable pendant l’hiver,pour ne les semer qu’au printemps : toutes leshuileuses et les cornées ne peuvent’être traitéesautrement, lorsqu’on ne les sème pas à leur chutede l’arbre , si on ne veut pas en perdre la plusgrande partie par l’effet de la rancidité ou du des-sèchement du périsperme , ou au moins en voirretarder la germination d’un ou deux ans. C’estle seul moyen sur-tout d’envoyer en Europe lesgraines des pays chauds qui sont dans ces deuxcas , et la plus grande partie s’y trouve. Ilfaut éviter d’employer et de la terre trop sècheet de la terre trop humide. Le bois pourri , lasciure de bois , la mousse, peuvent avantageu-sement suppléer la terre ou le sable, lorsqu’ona intérêt de diminuer le poids à raison des fraisde transport. (£. B. )
CHAPITRE XVIII.
rage 339, (120) Le mot batardière a vieilli , et ne s’em-
“rnè 'jern ploie plus ; mais les excellens principes querenferme le chapitre auquel il sert de titre , nechangeront jamais , parce qu’ils sont dans laNature.
On ne sauroit trop insister , par exemple ,sur celui qui exige que le fond du terrein de lapépinière soit de moyenne bonté. En effet, unarbre se trouvant , dans sa jeunesse , en situa-tion de tirer , pour me servir de l’expressionvulgaire, une grande abondance de sucs de laterre, prend une amplitude proportionnée àl’abondance de ces sucs , c’est-à-dire que sesvaisseaux acquièrent beaucoup de diamètre, sespousses une grande longueur, et ses feuillesdes dimensions extraordinaires ; mais , lorsquedeux ou trois ans après , il est transporté dansun sol moins fertile , la sève ne pouvant plusaffluer en même quantité dans ses vaisseauxne remplit qu’une partie de leur capacité , etpar conséquent ne peut s’élever jusqu’aux ex-
trémités de sa tige et de ses rameaux pour leurporter la nourriture qui leur est nécessaire: cetarbre languit toujours , périt souvent, et neremplit jamais les vues de son possesseur. Je nepuis donc trop recommander à ceux qui ont in ten-tion de faire une plantation , de quelque espèced’arbres que ce soit, de comparer la nature deleur sol avec celle des pépinières dans lesquellesils ont intention de se fournir, et de se défier dela trop belle apparence des articles qu’on leurprésente. Il est très-certainement plus avanta-geux pour eux de se procurer des arbres moinsvigoureux au premier coup-d’œil, mais plus so-lidement constitués , dans une pépinière en solmaigre et sec , parce que dès la première , ouau moins la seconde année de leur transplanta-tion dans leur terrein , que je suppose meil-leur , ils pousseront avec force , et conserve-ront leur vigueur pendant tout le temps fixé parla Nature.
Cependant ce principe, quoiqu’appuyé sur leraisonnement et l’expérience , n’est malheureu-sement pas connu de la majeure partie de ceuxqui font faire des plantations ; aussi beaucoup depépiniéristes spéculent-ils sur leur ignorance ,en établissant leurs pépinières dans un sol très-riche et très-fumé , où les arbres acquièrent enune année une apparence qu’ils ne devroientmontrer qu’en deux , et ils obtiennent ainsiun débit plus assuré et un prix plus élevé ,quoiqu’ils aient produit leur marchandise avecplus d’économie de temps et de terrein. Leurconscience se tranquillise sur cette espèce detromperie , en disant qu’on étoit libre de veniracheter chez eux, et effectivement la loi nepeut les punir ; mais le résultat définitif de cetteconduite n’en est pas moins une perte incalcu-lable pour la société.
Il n’y a rien à ajouter à ce que dit Olivier de Serres sur les soins qu’il faut prendre pour ar-racher le plant, et.par suite les arbres faits de lapépinière. Il a observé la Nature , et a reconnuque plus les racines sont abondantes dans chaqueespèce , et plus l’arbre est vigoureux ; par consé-quent que la pratique , si généralement usitée ,A'habiller les racines , c’est-à-dire de les coupertrès-court, est absurde ; mais lorsqu’on conserve,ainsi qu’il le recommande , tou.es celles qui ne