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Tome II.
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SIXIESME LIEU

lier ; mais on voit, en le lisant, qualors même ilnétoit pas facile den former. On étoit réduit àaller chercher des sauvageons dans les bois, ouà établir une pépinière uniquement pour soi, etforcé de se contenter des greffes des fruits quonpossédoit déjà , ou qui se trouvoient dans lesjardins du voisinage , par la difficulté den fairevenir de loin. Ce nest que depuis quil est deshommes qui se consacrent uniquement à la cul-ture des arbres fruitiers pour la vente , que lontrouve par-tout abondance , variété , bonté , etbas prix , que la science enfin a fait de rapidesprogrès. Aujourdhui un propriétaire peut seformer en un hiver , sur une simple liste , unjardin fruitier des plus étendus : aussi se sont-ils multipliés par-tout; et le plus pauvre des Fran-çois dédaigneroit probablement les pommes etles poires qui faisoient lornement des jardinsde Charlemagne et de Charles V .

Nos pères recherchoient des arbres fruitiersdune longue durée , mais aujourdhui nous sa-vons quun arbre greffé sur un sauvageon vigou-reux porte moins de fruit, et du fruit moinsbeau et moins bon, que celui greffé sur un sujetfranc , cest-à-dire provenant des graines dunfruit déjà perfectionné par la culture; et on arenoncé à leur mode de planter les vergers avecdes arbres crus dans les forêts. Dailleurs , lessauvageons de cette sorte sont rarement dunereprise assurée, dune belle venue, et deviennentdautant plus rares , que le goût des plantationsse multiplie.

De même, autrefois , on aimoit à planter desarbres déjà très-forts , dans lespérance de leurvoir porter plus promptement du fruit; et ondevoit en agir ainsi, puisquil falloit attendre ,lorsquon les plantoit jeunes, dix à douze anspour en jouir : mais actuellement que nos arbressur franc donnent des productions dès la troi-sième ou la quatrième année, et ceux sur doucinou sur paradis , dès la seconde, on préfère deplanter de jeunes arbres dont la reprise est pluscertaine , et la greffe plus assurée. De plus , ildevient de plus en plus rare de greffer les sujetssur place, on préfère de les prendre tout greffésdans les pépinières. On trouve à cela lavantagede ne pas courir la chance de voir manquer lagreffe, ensuite de gagner une année et quel-

quefois deux ou trois , étant très-rare que cessortes darbres ne donnent pas de fruit lannéequi suit célle de leur plantation. (Z. B.)

CHAPITRE XVII.

(119) On appelle aujourdhui pépinière, nonseulement lendroit on sème la graine desfruits , mais encore celui on élève leurs pro-duits , on fait les boutures , marcottes, etc.

Aux observations d Olivier de Serres sur lechoix du local pour établir une pépinière , ilconvient dajouter la facilité davoir de leau ,et de leau dune bonne nature , pour les arro-semens ; car une grande partie des semis man-quent par suite des sécheresses du printemps.

Les pépiniéristes , comme lindique notre au-teur, se servent généralement de pépins prove-nant des pommes quon a employées à faire ducidre, mais je ferai voir, dans les notes sui-vantes , quil est quelquefois utile , pour obtenirdes arbres plus vigoureux et plus agrestes, deprendre les pépins des pommes sauvages , etpour en avoir dont les fruits soient plus gros etmeilleurs , de choisir ceux des espèces déjàtrès-perfectionnées.

La lune ninflue pas plus sur la réussite ou lanon réussite des semences , que sur la plupartdes autres opérations agricoles , mais elle déter-mine la plupart du temps un changement dansla constitution de latmosphère, et elle a, parconséquent, sous ce rapport, une action indi-recte sur les semis. Il 11e faut donc pas faireattention si la lune est en décours, mais bien silair est humide ou disposé à la pluie; car cestleau, aidée par la chaleur, qui détermine lagermination des graines. Le conseil que donneOlivier de Serres de ne point toucher aux plantsdu semis de lannée est fondé sur ce que les vé-gétaux se nourrissent autant par leurs feuillesque par leurs racines ; et que, lorsquon enlèveune portion des premières , la croissance dessecondes en est retardée, et par suite celle de lajeune tige.

Il est toujours utile, et quelquefois néces-saire, de faire tremper dans leau les graines desarbres dont lenveloppe est ligneuse , pour-

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