DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
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de branches à nourrir qu’un arbre de trois , de-vra donc encore être plus rapproché, pour meservir de l’expression technique. Mais, lors-qu’on fait passer des jeunes arbres d’un sol mé-diocre dans un sol riche et bien meuble , sur-tout lorsqu’on a la facilité de les arroser pen-dant le premier mois de leur transplantation , ildevient superflu de les mutiler ; car on peutpresque toujours être certain qu’ils ne perdrontaucune de leurs branches , et qu’ils pousserontavec autant, et peut-être même avec plus devigueur que s’ils fussent restés en place. Ce se-roit peut-être ici le moment de placer quelquesobservations générales concernant les utiles ef-fets delà transplantation sur l’accroissement desarbres , qui , je crois, n’ont pas encore été dé-veloppées , mais cela éloigneroit un peu del’objet principal , et je Içs réserve pour unautre endroit. ( L . B.)
CHAPITRE XX.
i'"S‘ 35 =, ( 122) On ne peut faire mieux valoir les avan-
lUgme. dem. tages des espaliers sur les arbres en plein-ventque le fait Olivier de Serres dans le commen-cement de ce chapitre , et cependant ce genre deculture ne faisoit que de naître à l’époque où ilécrivoit. Il n’y a rien à reprocher aux principesqu’il met en avant et à tout ce qu’il dit dans lasuite de cet article; mais, comme la théorie etla pratique se sont beaucoup perfectionnées de-puis , il faut lui donner un supplément.
Olivier de Serres entend par espalier toutarbre à basse tige dont on dirige les branches surun plan quelconque, et qu’on taille d’après cer-taines données. Aujourd’hui ce mot est restreintexclusivement à ceux de ces arbres qui sont pa-lissadés contre des murs , et on appelle contre-espaliers ou éventails, les arbres nains conduitset taillés comme les espaliers , mais non adossésà des murs; ce sont proprement ceux dont Oli vier de Serres veutparler , et dont il indique laformation sous le nom d’espaliers. On nommeactuellement arbres en gobelet, en entonnoir,ceux dont les branches sont disposées circulai-rement et présentent la forme que leurs nomsindique. Olivier de Serres les a aussi connus ;mais les arbres en pyramide, en quenouille, en
buisson, n’existoient pas de son temps : ils sontd’une invention très-moderne.
Il est probable que les premiers arbres qu’ona placés en espalier étoient greffés sur sauvageonou sur franc , car on en voit encore de tels dansles jardins établis du temps de Louis XIV ; maison ne tarda pas à reconnoître que leur vigueur,celle des premiers sur-tout, les faisoit emporter,pour se servir du terme technique , c’est-à-direqu’ils tendoient toujours à s’élever et à pousserdes branches stériles d’autant plus fortes qu’ilsétoient taillés plus court. Cette importante re-marque décida à n’employer que des francs , etparmi les francs les espèces les plus foibles , eton s’en trouva bien. Les arbres furent plus fa-ciles à conduire , produisirent plus de fruit, etdu fruit et plus beau et plus savoureux. Bientôton découvrit que la greffe du poirier sur le coi-gnassier, qui est une espèce botanique du mêmegenre , produisoit les mêmes effets , et on em-ploya ce moyen. Peu après, une variété de pom-mier , qu’on multiplia par marcotte et qu’on ap-pelle doucin , servit à greffer, par la même rai-son , tout ce qu’on désiroit tenir à basse tigedans le genre des pommiers; et plus tard, unevariété de ce doucin , encore plus foible , le pa-radis, fut consacrée à la greffe des arbres nains.Ainsi à l’époque actuelle on ne greffe plus surfranc, et encore sur franc produit par des espècesdéjà très-perfectionnées , que les pieds dont onveut faire des demi-tiges , c’est-à-dire des arbresdont l’espalier ne commence qu’à deux mètresou deux mètres soixante-six centimètres ( sixou huit pieds) de terre. Tous les autres , et mêmesouvent ceux-ci, se greffent dans le genre poi-rier sur coignassier, et dans le genre pommiersur doucin ou paradis , et ce, ou à rez terre ,ou à quinze à dix-huit centimètres ( cinq à sixpouces) de terre. Les autres arbres que l’on cul-tive aussi en espalier , tels que les pêchers et lesabricotiers, se greffent ordinairement sur aman-dier , à raison de la plus grande rapidité de lacroissance de ce dernier, et les pruniers indif-féremment sur les sauvageons de toutes les es-pèces, ou sur les rejettons arrachés au pied desvieux arbres ; mais il est quelques espèces, tellesque le perdrigon blanc , la claude , la Cathe-rine , le damas rouge et la couetsch, qui se re-Q q (J 2
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