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Tome II.
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49 °

SIX1ESME LIEU

dans les vergers sont basés sur la saine phy-sique. Dans les bons sols on gagne toujours àles espacer beaucoup. Mais je ne puis être, sansmodification , de son avis, lorsquil ajoute quilfaut placer les mêmes espèces les unes à côté desautres ; car ces espèces soutirant les mêmes pro-duits de la terre et de lair , elles se nuisent né-cessairement. Je préférerois les alterner , aveclattention, cependant, de ne pas mettre unebasse tige près dune haute tige. Au reste,quand les arbres sont convenablement éloignés ,les inconvéniens de la pratique que je combatssont peu sensibles , et on ne doit pas leur sacri-fier les agrémens du coup-dœil, ou toute autreconsidération. Je nen dirois pas de même si unde ces arbres , déjà âgé , venoit à mourir ; car ,dans ce cas , il faudroit le remplacer par unautre dun genre différent, les assolemens de-vant être sévèrement pratiqués dans les planta-tions des arbres , ainsi que je lai déjà prouvéautre part.

Il est généralement dusage de planter lesvergers sans en défoncer le terrein ; cependanton ne devroit jamais y manquer , même dans lesmeilleurs. Laugmentation dans la dépense de-vient beaucoup plus considérable , il est vrai,mais on en est amplement dédommagé par lasuite. La largeur des trous produit le même effetles premières années , mais elle na aucune in-fluence sur lamélioration générale du sol; et,lorsque les racines sont parvenues à leurs parois,elles ont toujours, quoique fortifiées par une oudeux années de croissance, plus de peine à péné-trer plus loin que si tout le terrein, ou du moinssa couche supérieure, avoitété remué. Au reste,les préceptes d Olivier de Serres sont excellens ,et fondés sur lexpérience de tous les siècles.

Les cultivateurs sont partagés dopinion surlépoque la plus avantageuse pour planter lesvergers. Les uns veulent quon le fasse avantlhiver , les autres au printemps. Il semble quece quà dit Olivier de Serres devroit les mettredaccord ; car on ne peut mettre plus de raisonsen moins de mots.

Une cause très-commune de la non réussitedes arbres , cest le dessèchement de leurs ra-cines dans lintervalle de leur arrachis à leurtransplantation. On ne sauroit donc trop re-

commander de prendre des précautions contrecet inconvénient. Il ne faut , dans certainesconstitutions de latmosphère, que peu dinstansdexposition au vent pour les frapper de mort,ainsi que jen ai vu fréquemment des exemples.Les tremper dans leau , pour remettre leur sèveen activité , ne suffit pas toujours. Aux précau-tions indiquées pour prévenir le mal, jajou-terai celle de couvrir leurs racines dun torchiscomposé de deux parties de bouse de vache, etdune partie de terre franche délayées dans unesuffisante quantité deau , torchis dans lequel onles trempe à diverses reprises, jusquà ce quil,y ait dessus une croûte de deux millimètres (uneligne) dépaisseur. Dans cet état, les arbres peu-vent être transportés au loin , et attendre, desmois entiers, le moment dêtre mis en terre.

Comme je lai dit plus haut, il doit toujoursy avoir une proportion entre la force vitale desracines, et la masse du tronc et des branches delarbre quelles doivent nourrir. Ainsi , lors-quon transplante un arbre, il y a tout lieu decroire , quà moins de circonstances favorablesou de soins multipliés , la sève ne pourra pasêtre assez abondamment fournie à ses branches ,pour compenser la perte quelles éprouvent parlévaporation. En effet, on voit que , dans la plu-part , ces branches languissent et se dessèchentensuite , ou même se dessèchent dabord. Cestpour prévenir les efforts inutiles de la Nature ,dans ce cas , encore plus que pour ôter prise auxvents qui ne permettroient pas aux racines de sefixer, quon est généralement dans lusage decouper la totalité ou la majeure partie des bran-ches aux arbres que lon transplante. Le prin-cipe est donc bon , mais on en outre souventtrop les applications , ainsi que peuvent le voirceux qui suivent les opérations agricoles. Jevoudrois donc , quau lieu dadopter une marcheuniforme , on distinguât les circonstances diver-ses. Par exemple , un arbre élevé dans une pépi-nière en bon fonds, et transplanté dans un vergerdont le sol est médiocre , doit nécessairementplus souffrir de la transplantation quun dumême âge pris dans un mauvais terrein , il de-vra donc être coupé plus court. Un arbre de sixans perdant toujours plus de racines dans lo-pération de larrachage, étayant cependant plus