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Tome II.
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DU THÉÂTRE D AGRICULTURE. 49 3

Pour les établir, on greffe , rez terre , sur francou sur doucin, et on laisse la tige se garnir debourgeons dans toute sa longueur. Lorsque cettetige est arrivée à treize décimètres (quatre pieds)de haut, on larrête, et on taille tous les ra-meaux plus ou moins longs, selon leur forceou leur foiblesse , mais de manière à ce que ,dans la pyramide , ils diminuent toujours delongueur , en partant de la racine, et que, dansla quenouille , ils soient par-tout dégale lon-gueur. Quelques arbres , tels que les pruniers ,les cerisiers, les noisetiers, les mûriers , quinaiment point être mis en espalier , saccom-modent de ces deux formes , et la plupart desespèces de pommiers et de poiriers sen trou-vent si bien , quils y portent plus de fruit quelorsquils sont soumis aux autres. Les pyra-mides sélèvent fort haut par la suite des an-nées , mais les quenouilles se tiennent toujoursà la portée de la main. Le difficile est de lesforcer à ne pousser que de foibles bourgeonsperpendiculaires , et de porter avec égalitétoute la surabondance de leur sève dans leursrameaux. On y parvient parle moyende la tailledont Olivier de Serres na point parlé, parcequelle ne faisoit que commencer à être connuede son temps , et quelle nest devenue une vé-ritable science que de nos jours.

Ce que je viens de dire de la formation desarbres en espalier fait déjà voir une partie desmotifs de la taille. Les plus importans desautres sont de maintenir ou rétablir léquilibrede vigueur entre les racines et les branches , et

dune part, et de lautre, le défaut de branches char-gées de feuilles qui pourroient fournir aux racines la-liment nécessaire, en sont les principales causes ».

Je nai pu mempêcher de citer ce morceau , extraitdu Nouveau Dictionnaire dHistoire naturelle, éditionde Déterville, parce que cest presque un traité de phy-sique végétale , et quon en peut déduire des consé-quences , ou faire des applications sans nombre.

On sest beaucoup appuyé sur le peu de durée désarbres en pyramide et en quenouille pour les faire pros-crire , et, en effet, ils durent moins que les autres ,sur-tout lorsquils sont entre les mains de jardiniersignorans ; mais quinze à vingt ans dexistence pour lespremiers , et dix à douze pour les seconds , sont biensuflisans pour dédommager des frais de leur plantation.

de conserver dans leurs rameaux une surabon-dance de sève qui puisse se porter sur les fruits ,et les faire grossir ; de ne laisser produire quunequantité de fruit proportionnée à la force delarbre , et den régler la distribution avec éga-lité sur toutes les branches, etc.

Lépoque de la taille des arbres nest pas lamême pour toutes les espèces, ni pour tous lesclimats ; les arbres à fruits à pépins peuvent êtretaillés tout lhiver , pourvu quil ne gèle pas ;mais ceux à fruits à noyaux ne doivent lêtrequau printemps , à raison de leur disposition àêtre atteints par la gelée. Le pêcher sur-toutpérit souvent par trop dempressement à lui fairesubir cette opération.

Lorsquun jardinier doit tailler un arbre bienformé , il na , pour ainsi dire, quà rabattre àun ou deux yeux les pousses de lannée précé-dente ; mais il est rare quil y en ait qui se con-servent deux années de suite dans un état dé-quilibre parfait. Des branches meurent et desgourmands semportent, il faut couper les unes,arrêter ou utiliser les autres , mettre à fruit desboutons à bois , et quelquefois à bois des bou-tons à fruit, etc.

On appelle gourmands des bourgeons quipercent sur le vieux bois, et qui poussent pres-que toujours perpendiculairement avec une vi-gueur remarquable. Ils absorbent toute la sève,empêchent la production du fruit , causent lamort dune partie des vieilles branches , etc.Leur coupe complète amène presque toujours laproduction de plusieurs autres. On est, en consé-quence , forcé, lorsquon nen a pas besoin, deleur laisser quelques yeux pour amuser la sève (*),

(*) On dit quon amuse la sève lorsquon arrête , enpartie, sa direction naturelle pourlaforcer den prendreune autre. Ainsi, lorsquon veut accélérer la croissanceen hauteur dun jeune arbrequi a beaucoup de brancheslatérales vigoureuses, au lieu de couper ces branchesprès du tronc , ce qui occasionneroit, et une grande ex-travasation de sève, et une grande production de bour-geons , on les coupe à quelques centimètres (pouces) delongueur. La sève , continuant denfiler le chicot, sedétourne pour faire pousser des bourgeons latéraux quirestent foibles, parce quils font angle, et elle ne tardepas à porter toute son action sur la tige principale, danslaquelle elle ne trouve aucun obstacle à sa circulation.