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Tome II.
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SIXIESME LIEU

ou de leur enlever un anneau décorce pour lesfaire périr lentement. Je dis , lorsquon nena pas besoin , parce quun jardinier habile ensait souvent tirer un parti très-avantageux pourrenouveler une portion de son arbre , et mêmeson arbre entier. En effet, il suffit presque tou-jours de lincliner fortement, en le palissadant,pour le changer en une nouvelle branche à boisqui poussera avec vigueur , et permettra de sup-primer celles du voisinage dont la végétationest affoiblie.

Lorsquon na voulu quamuser la sève , onenlève le reste du gourmand, ras de la branche ,à la coupe de lannée suivante , ou même entreles deux sèves de la même année , et ce, sanscraindre quil en repousse dautres dans sonvoisinage.

Il faut avoir attention de toujours tailleriesbranches immédiatement au-dessus dun œil,soit que la coupe soit en dedans , soit quellesoit en dehors, afin déviter les chicots et dac-célérer le recouvrement des plaies.

On appelle taille dété celle qui a pour objetde supprimer la surabondance des bourgeonsqui affament le fruit, et le privent des influencessalutaires du soleil , ainsi que darrêter, en pin-çant leur extrémité , et de pallissader ceux quisont conservés. Ces opérations doivent être faitesavec intelligence ; car autant elles sont utiles,autant elles peuvent devenir nuisibles , et à laconservation du fruit de lannée présente, à laproduction de lannée suivante , et à lexistencemême de larbre. Ce sont principalement lesbranches qui ont poussé perpendiculairementau plan de lespalier, celles qui se sont couléespar derrière, ou celles qui croisent les autres,quil convient denlever. Lépoque est le com-mencement de la cessation de la première sève;plutôt, il en résulte les grands inconvéniensprécités, plus tard, elle ne produit pas autant debons effets. Celle des arbres à fruits à noyaux

La découverte de ce procédé est aux habitans deMontreuil , et les cultivateurs leur en doivent une éter-nelle obligation ; car les applications du principe dil découle se rencontrent à chaque instant. Ce nest quedepuis quil est connu que lart de la conduite et de lataille des arbres est réellement devenu une science.

doit presque toujours précéder celle des arbres àfruits à pépins.

Entre tous les arbres à fruits en espaliers ,cest le pêcher dont la culture et la taille sontle plus difficile; mais elles sont devenues , entreles mains des habitans de Montreuil , et sous laplume de Roger Schabol, une science des plusintéressantes. Dans limpossibilité dentrer danstous les détails nécessaires pour en développerles principes , je prends le parti de renvoyer auxouvrages de ce célèbre agronome, surtout à saPratique du Jardinage, et au Cours dAgricul-ture de Rozier, on en trouve un extrait ac-compagné dobservations très - importantes ; jeconseille aussi de lire et de méditer larticlearbre du Nouveau Dictionnaire dHistoire na-turelle, déjà cité. Cet article, rédigé par Thouin,renferme toute la théorie de la conduite des ar-bres à fruits ou autres , et elle y est développéeavec la clarté et la simplicité qui est propre à cetestimable cultivateur, auquel lagriculture a desobligations dont les effets se feront sentir dansla suite des siècles futurs. (L. B.)

CHAPITRE XXI.

(ia3) Toutes les greffes, excepté celle parapproche quon ne pratiquoit sans doute pasdu temps d 'Olivier de Serres , peuvent rentrerdans les trois espèces quil mentionne ; car onnomme aujourdhui greffe par juxta-positionou en anneau celle quil appelle en canon. Laseule observation de quelque importance queles progrès de lart du jardinage forcent de fairesur cet article , a rapport au conseil quil donnede loger sur un arbre robuste un de foiblecomplexion.

Ce conseil peut être bon , lorsquon veutavoir de ces arbres de longue durée ; mais, pouren obtenir qui donnent beaucoup de beaux etbons fruits , il faut faire tout le contraire. Aussinest-ce que depuis quon greffe le poirier surle coignassier, ou sur des francs provenant degraines de fruits très-perfectionnés , et le pom-mier sur le paradis , sur le doucin , ou sur desfrancs semblables auxprécédens , quon voit surnos tables des poires et des pommes dont on

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