DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 4 9 5
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admire l’énorme grosseur et l’excellente saveur.Cela tient à ce qu’un arbre foible pousse moinsen bois , est plus facile à régler par la taille,ce qui permet de diriger toute sa sève dans lefruit, ainsi que je l’ai déjà dit dans la note duchapitre précédent. ( L. B.)
CHAPITRE XXII.
(124) On distingue aujourd’hui cinq espècesde greffes en fente.
La greffe en fente dans le cœur du bois eten poupée : c’est la première espèce d’ Olivier de Serres ; celle qu’on pratique le plus géné-ralement.
La greffe en fente dans le cœur du bois eten croix : elle diffère de la précédente , en cequ’au lieu d’une fente on en fait deux qui secoupent à angles droits , et qu’au lieu de deuxgreffes on en place quatre.
La greffe en fente et en couronne : c’est laseconde espèce d’ Olivier de Serres , employée ,comme il le dit , pour les gros arbres.
La greffe en fente et en couronne d six bour-geons diffère de la précédente, en ce qu’onfend le sujet circulairement en dehors , maispas jusqu’au centre.
La greffe en fente et en couronne d l’an-gloise est une des plus nouvelles , et mérited’être répandue ; car elle assure la multipli-cation d’arbres qui ne se prêtent pas aux autressortes. En effet, offrant une plus grande quan-tité de points de contact à l’écorce , et son boisse trouvant emboîté , elle est plus sûre et n’estpas sujette à être décolée.
Voici comment, d’après Thouin , cette greffes’exécute :
« On choisit un jeune sujet dont la tige aitdepuis la grosseur d’une plume jusqu’à celle dudoigt ; on lui coupe la tête le plus obliquementqu’il est possible, ensuite on le fend, dans lemilieu de son diamètre , d’environ douze àseize millimètres (six à huit lignes). On prendsur l’arbre qu’on veut greffer une branche demême grosseur que le sujet $ on donne à sacoupe la même forme, mais en sens contraire ;on fend également dans le milieu de son dia-
mètre cette greffe, mais en remontant, et dansla même longueur que le sujet. On présente lagreffe au sujet pour s’assurer si, étant mise enplace, son bois et son écorce coïncideront exac-tement avec le bois et l’écorce du sujet. Ilconvient d’enlever , avec le greffoir , au sujet età la greffe, en sens contraire , une portion d’é-corce en prolongation de la première plaie.Cette pratique a pour objet de donner plus depoints de contact aux écorces réciproques etd’assurer la reprise. On écarte ensuite avec lapointe du greffoir la fente perpendiculaire faiteau sujet, et on y fait entrer la portion de lagreffe qui ferme le coin pratiqué par la fenteinverse qui lui a été faite. Il faut ajuster avecbeaucoup de soin la greffe sur le sujet , pourque toutes les parties soient exactement en rap-port. On ligature à la manière ordinaire , eton forme une petite poupée. 33
La manière de disposer l’entaille peut varierbeaucoup , comme on peut bien le penser , sanspour cela que cette greffe perde son nom ; maisil faut toujours , je le répète , que la greffe soitde même grosseur que le sujet, pour que leursécorces coïncident exactement , et qu’il y aitenchevêtrement des deux bois afin d’en soli-difier l’insertion.
Quant à la greffe en fente à oranger, cen’est que la greffe en fente ordinaire , ou lagreffe à l’angloise , dans laquelle , au lieud’employer une jeune branche , on a employéun rameau devant donner des fleurs dans lamême année. Cette greffe , que l’on pratiqueuniquement sur des sauvageons d’oranger dedeux ou trois ans , donne de petits arbres quise couvrent de fleurs , et conservent même ,presque toujours , quelques fruits. Les pro-duits qui en résultent ne durent pas long-temps , parce qu’il y a trop de différence dedensité entre les bois du sujet et de la greffe,et que les racines du premier ne peuvent fournirla sève nécessaire pour nourrir, non seulementdes feuilles , mais encore des fleurs et desfruits de la seconde ; mais ils remplissent leurobjet pendant trois ou quatre ans.
Olivier de Serres semble hésiter lorsqu’ilconseille de choisir, pour la greffe, des poussesde l’année précédente, plutôt que de celles de
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