Band 
Tome II.
Seite
509
JPEG-Download
 

DU THEATRE DAGRICULTURE.

509

quoique le châtaignier soit un des arbres quisy prêtent le mieux.

Le châtaignier se plaît dans les terreinsquartzeux , du moins on en voit peu sur les solscalcaires. Etant cultivé de toute ancienneté , ila fournir beaucoup de variétés 5 et, en effet,jai goûté dun grand nombre de sortes de châ-taignes dans les montagnes de lintérieur de laFrance , ainsi que dans celles dEspagne etdItalie , mais ces variétés nont pas encore euleur historien , et elles sont peu connues. Onen compte quatorze seulement autour de Péri-gueux , elles ne mont pas paru , pour laplupart, les mêmes que celles des environs deLimoges , quelquepetite que soit la distance quiest entre ces deux villes. Parmi ces variétés, laplus grosse et la plus importante , est celle quonappelle marron, et qui, croissant dans les mon-tagnes de la ci-devant Provence et contrées voi-sines , passe par Lyon avant de se répandre dansles villes du nord , et principalement à Paris .

Les châtaignes se gardent fort bien fraîchespendant plusieurs mois, en suivant les méthodesindiquées par Olivier de Serres ; mais , pour lesconserver dune année à lautre, il faut les des-sécher , soit au four, soit à la fumée. Cette der-nière manière est généralement employée dansles Cévennes et en Espagne , mais ce nest, ainsique je lai remarqué dans les deux pays, quedans les cantons les plus élevés , les plus im-propres à toute autre culture que celle du châ-taignier , quon en fait usage. Par-tout ailleurs,on mange les châtaignes fraîches, et quandelles sont consommées , on revient au pain etaux autres subsistances.

La châtaigne est une excellente nourriture pourles hommes et pour les animaux : on la mangecuite sous la cendre, rôtie dans une poêle à jour,ou bouillie dans leau : on la glace au sucre ,on lintroduit dans les ragoûts de viande , etc.Sa pellicule intérieure est très-âcre, et il fauttoujours avoir soin de lenlever avant de la man-ger. On a en Limousin une méthode fort expé-ditive pour len débarrasser : elle consiste àmettre les châtaignes dépouillées de leur écorcedans de leau bouillante, et les remuer un ins-tant après avec un rameau très-branchu.

Le bois du châtaignier nest pas excellent

pour brûler, mais cependant il forme un char-bon très-propre aux forges. On nen emploiepresque pas dautres dans les fabriques de fer dela Biscaye . , les châtaigniers , même gref-fés , sont amménagés en têtard, et coupés tousles sept à huit ans pour cet usage. On fait avecles gros pieds de châtaignier des poutres et dessolives excellentes , et des douves qui laissentmoins évaporer le vin que beaucoup dautres ;avec les jeunes , des cerceaux de tonneaux et decuves, des échalas , etc. : les. treillages quonen fabrique durent plus que ceux daucun autrebois, même de chêne. {L. B.)

(140) Le meurier ou mûrier noir ( morus Page 388 .nigra ) ne peut que difficilement être multi- 3' 11 'plié de graines dans le climat de Paris , attenduquelles y avortent presque toujours ; mais ,comme le dit Olivier de Serres , on lobtient ai-sément de marcottes. On le greffe rarement.

On fait avec les mûres un syrop que la mé-decine emploie dans les maux de gorge , et unvin qui donne, par la distillation , une très-bonne eau-de-vie, et par la fermentation acide,un excellent vinaigre. {L. B.)

Voyez sur le mûrier ce quà déjà dit notrecollègue M. Cels dans ce volume , Lieu V,chapitre XV, note (98) , page 210 et sui-vantes. {II. )

(141) Aujourdhui quil y a abondance dex- Jge ^89,

i, r '1* 1 colonne II.

cellens fruits, on négligé beaucoup ceux que lione 6iproduisent larbre appelé cormier ou sorbier(sorbus domestica), quon confond fréquemmentavec lalizier ou alouchier {cratcrgus aria). Eneffet, les cormes ou sorbes , sont âpres et peuagréables , lors même quelles sont arrivées à cepoint de demi-pourriture , quon appelle blos-sissement. On ne voit plus que rarement dessorbiers dans les vergers , et on est dautantmoins tenté dy en mettre, quils sont extrême-ment lents à croître, et extrêmement difficilesà conduire à bien dans les premières années deleur vie. Leurs fruits nentrent plus dans levin , mais quelquefois dans le cidre et le poiré,quils fortifient, à ce quon croit.

Le bois du sorbier est un des plus tenaces etdes plus propres à faire des vis de pressoir, desalluchons de moulins, et autres objets qui de-