DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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quoique le châtaignier soit un des arbres quis’y prêtent le mieux.
Le châtaignier se plaît dans les terreinsquartzeux , du moins on en voit peu sur les solscalcaires. Etant cultivé de toute ancienneté , ila dû fournir beaucoup de variétés 5 et, en effet,j’ai goûté d’un grand nombre de sortes de châ-taignes dans les montagnes de l’intérieur de laFrance , ainsi que dans celles d’Espagne etd’Italie , mais ces variétés n’ont pas encore euleur historien , et elles sont peu connues. Onen compte quatorze seulement autour de Péri-gueux , où elles ne m’ont pas paru , pour laplupart, les mêmes que celles des environs deLimoges , quelquepetite que soit la distance quiest entre ces deux villes. Parmi ces variétés, laplus grosse et la plus importante , est celle qu’onappelle marron, et qui, croissant dans les mon-tagnes de la ci-devant Provence et contrées voi-sines , passe par Lyon avant de se répandre dansles villes du nord , et principalement à Paris .
Les châtaignes se gardent fort bien fraîchespendant plusieurs mois, en suivant les méthodesindiquées par Olivier de Serres ; mais , pour lesconserver d’une année à l’autre, il faut les des-sécher , soit au four, soit à la fumée. Cette der-nière manière est généralement employée dansles Cévennes et en Espagne , mais ce n’est, ainsique je l’ai remarqué dans les deux pays, quedans les cantons les plus élevés , les plus im-propres à toute autre culture que celle du châ-taignier , qu’on en fait usage. Par-tout ailleurs,on mange les châtaignes fraîches, et quandelles sont consommées , on revient au pain etaux autres subsistances.
La châtaigne est une excellente nourriture pourles hommes et pour les animaux : on la mangecuite sous la cendre, rôtie dans une poêle à jour,ou bouillie dans l’eau : on la glace au sucre ,on l’introduit dans les ragoûts de viande , etc.Sa pellicule intérieure est très-âcre, et il fauttoujours avoir soin de l’enlever avant de la man-ger. On a en Limousin une méthode fort expé-ditive pour l’en débarrasser : elle consiste àmettre les châtaignes dépouillées de leur écorcedans de l’eau bouillante, et les remuer un ins-tant après avec un rameau très-branchu.
Le bois du châtaignier n’est pas excellent
pour brûler, mais cependant il forme un char-bon très-propre aux forges. On n’en emploiepresque pas d’autres dans les fabriques de fer dela Biscaye . Là , les châtaigniers , même gref-fés , sont amménagés en têtard, et coupés tousles sept à huit ans pour cet usage. On fait avecles gros pieds de châtaignier des poutres et dessolives excellentes , et des douves qui laissentmoins évaporer le vin que beaucoup d’autres ;avec les jeunes , des cerceaux de tonneaux et decuves, des échalas , etc. : les. treillages qu’onen fabrique durent plus que ceux d’aucun autrebois, même de chêne. {L. B.)
(140) Le meurier ou mûrier noir ( morus Page 388 .nigra ) ne peut que difficilement être multi- 3' 11 'plié de graines dans le climat de Paris , attenduqu’elles y avortent presque toujours ; mais ,comme le dit Olivier de Serres , on l’obtient ai-sément de marcottes. On le greffe rarement.
On fait avec les mûres un syrop que la mé-decine emploie dans les maux de gorge , et unvin qui donne, par la distillation , une très-bonne eau-de-vie, et par la fermentation acide,un excellent vinaigre. {L. B.)
Voyez sur le mûrier ce qu’à déjà dit notrecollègue M. Cels dans ce volume , Lieu V,chapitre XV, note (98) , page 210 et sui-vantes. {II. )
(141) Aujourd’hui qu’il y a abondance d’ex- J‘“ge ^89,
i, r • '1* 1 colonne II.
cellens fruits, on négligé beaucoup ceux que lione 6iproduisent l’arbre appelé cormier ou sorbier(sorbus domestica), qu’on confond fréquemmentavec l’alizier ou alouchier {cratcrgus aria). Eneffet, les cormes ou sorbes , sont âpres et peuagréables , lors même qu’elles sont arrivées à cepoint de demi-pourriture , qu’on appelle blos-sissement. On ne voit plus que rarement dessorbiers dans les vergers , et on est d’autantmoins tenté d’y en mettre, qu’ils sont extrême-ment lents à croître, et extrêmement difficilesà conduire à bien dans les premières années deleur vie. Leurs fruits n’entrent plus dans levin , mais quelquefois dans le cidre et le poiré,qu’ils fortifient, à ce qu’on croit.
Le bois du sorbier est un des plus tenaces etdes plus propres à faire des vis de pressoir, desalluchons de moulins, et autres objets qui de-