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Tome II.
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DU THÉÂTRE D AGRICULTURE.

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Le noyer tardif, ou de la Saint-Jean.

Il ne faut pas croire , avec Olivier de Serres ,que les noyers ne fleurissent pas. Ils sont mo-noïques, leurs cliatons sont les fleurs mâles , etleurs fleurs femelles sortent de lextrémité desbourgeons.

Les noix , bien avant leur maturité , seconfisent au sucre et à leau-de-vie , servent àfaire dexcellens ratafias. Un peu avant leur ma-turité , elles se mangent sous le nom de cer-neaux. Elles se mangent encore après quellessont mures , et peuvent se garder un an et plus.Comme elles sont exposées à rancir, il faut lesplacer dans un lieu frais sans être humide.

Mais quelquagréables quelles soient augoût, ce nest pas sous ce rapport que les noixsont le plus important , cest sous celui delhuile quelles fournissent abondamment. Eneffet cette huile est propre à manger , à brûler ,à employer dans la peinture et autres arts, ellefait lobjet dun commerce de plusieurs millionspour la France . Lorsquelle est tirée sans feu,et de noix choisies , elle est presque aussi bonneque celle dolive , et paroît même meilleureà ceux qui y sont accoutumés. Celle des noixfraîches est préférable par son goût de fruit, maiselle est moins abondante , et dune moins longuegarde. Pour tirer tout le parti possible des noix ,sous ce rapport , il faut attendre six mois aprèsleur chute de larbre, parce que plutôt toute leurhuile nest pas encore formée , et que plus tardelle commence à rancir.

Les coquilles de noix font un très-bon feu ;cest, dit-on, avec elles , que lon fait le char-bon dont on fabrique la poudre de chasse enSuisse , poudre si estimée, et avec raison. Lebrou qui les recouvre fournit plusieurs nuancesde couleurs verd-noirâtres à la teinture, nuancestoutes des plus solides, et servant souvent depied pour dautres couleurs.

Les feuilles de noyer et son écorce , sur-toutcelle des racines , donnent également des cou-leurs solides.

Son bois est facile à travailler , dun grainfin, et dune couleur agréable , quoique sérieuse.On en fait uneiminense consommation enFrancepour larmurerie, la ménuiserie, lébénisterie ,la sculpture, etc., etc. Il est quelquefois aussi

bien veiné , sur-tout celui des racines , quaucunautre bois étranger. Le commerce quon en faitest très-considérable j celui qui nest bon quàbrûler fournit un excellent chauffage, et descendres abondantes en potasse.

On voit , daprès le rapide résumé de cequon peut retirer du noyer , quil nest pointdarbre, susceptible dêtre cultivé en pleine terreen France , qui donne un plus grand produit àson propriétaire. Quont à dire, contre ce fait,ceux qui prétendent que les efforts que fontquelques individus éclairés , et amis de leurpays, pour acclimater des arbres étrangers , nesont que des amuseinens denfans ! (Z,. B.)

(144 bis.) On peut cultiver le jujubier {rham- Pagr. 3 9 ?.nus ziziphus) en pleine terre, dans le climat de 1

Paris , en lui donnant une bonne exposition, etle couvrant de paille pendant les plus grandsfroids de lannée , mais il y porte rarement dufruit, et ce fruit ny vaut jamais rien. Dans lespays chauds même , les jujubes sont un fort mé-diocre manger , aussi ne les cultive-t-011 presqueque pour la médecine qui les emploie, à rai-son de leur abondant mucilage , dans les ti-sannes pectorales , et lorsquil sagit dadoucirlàcreté des humeurs.

La jujube na de commun avec la cornouilleque sa forme ovoïde. (Z. B.)

(i 44 ter.) La feuille, la fleur , et le fruit du Pageîfîgrenadier (punica granatum ) , concourent à le 1

rendre un arbre des plus intéressans pour lama-teur des jardins , aussi le cultive-t-on presquepar-tout , même dans les climats il a besoin dela serre, du moins de lorangerie, pendant lhiver,et il ne porte pas de fruits bons à manger ;il se multiplie par semences, par drageons, parmarcottes et par boutures. Comme le premierde ces moyens est le plus lent, on ne le pratiqueguère, et on est dispensé de la greffe par lesautres. On lemploie beaucoup pour faire deshaies dans les parties méridionales de lEurope ,et il est très-propre à cet usage par labon-dance de ses rameaux , dont lextrémité est pi-quante. Dans les parties septentrionales , onpréfère cultiver les espèces à fleurs semi-doubles,ou doubles, qui ont plus déclat, et qui sub-sistent plus long - temps sur larbre. il est