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Tome II.
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DU THEATRE D A G R I C U L T U R E. 5i5

Les jardins dHeidelberg , cités par Olivier de Serres comme modèles à suivre dans la cul-ture des orangers , ont été imités en Italie , maisnon en France . Tous les motifs cependantconcourroient à faire adopter le mode quon ysuit, de planter les orangers en pleine terre ,et de leur faire élever, chaque hiver , un abri enplanches et en vitrages. Il est facile à larchi-tecture de fournir ces moyens , de réduire àlindispensable le nombre des châssis, et denrendre commode lajustement ou le jeu. Je nefais pas de doute que lorangerie de Versailles ,par exemple , eût moins coûté dentretien an-nuel , si elle eût été construite sur le plan de celledHeidelberg , et quelle eût présenté un monu-ment dun plus grand effet sur limagination quecelui qui existe , quelque admirable quil soit ;car la Nature eût été réellement vaincue, tandisquelle nest quéludée , si je puis employer ceterme.

On ne multiplie guère les orangers aux en-virons de Paris que par semis , soit de grainesde bigarades , soit de graines de citrons , parcequon a remarqué que les arbres provenus demarcottes ou de boutures ne prenoient jamaisune belle tige , donnoient moins de fleurs , etduroient moins. On préfère les bigarades lors-quil sagit de greffer les espèces délicates,comme fournissant des résultats plus assurés.

Cest ordinairement en écusson à œil dor-mant quon greffe les orangers , mais quelque-fois on préfère celle en fente. Il est une ma-nière de les greffer en fente, imaginée il y a peudannées, qui est très-ingénieuse, et donne desrésultats fort agréables. Elle consiste à placersur un élève de deux ou trois ans , un rameaudoranger fleurissant : ce rameau fleurit, etdonne même du fruit, comme sil navoit pasquitté larbre d il a été coupé. Le résultatprésente ainsi un oranger en mignature qui peutse mettre sur une cheminée, sur une fenêtre ,mais qui ne vit que peu dannées , à raison dela différence de densité du bois du sujet et decelui de la greffe.

Comme les racines des orangers , en caisse ,ne peuvent pas sétendre pour aller chercher auloin la nourriture qui leur est nécessaire , il fautcompenser cette gêne par une terre très-substan-

tielle et par une taille très-rigoureuse. En consé-quence , on leur fournira la première très-sur-chargée de carbonne, cest-à-dire composée duntiers de terre franche , dun sixième de terreaude fumier de vache , dun tiers de terreau de fu-mier de cheval, et dun sixième de crotin demouton , de fiente de pigeon et de poudrette ,le tout mélangé successivement et à lavance,selon lordre des matières , de telle sorte quela terre franche soit unie au fumier de vachedeux ans à lavance, et les derniers ingrédiensseulement quelques mois avant lépoque delemploi.

Outre la taille annuelle dont parle Olivier de Serres , il faut encore, lorsquon voit que lagrosseur de la tête de larbre nest plus en rap-port avec ses racines , que ses bourgeons pous-sent foiblement, rajeunir cette tête en la cou-pant sur ses grosses branches , la rapprocher ,pour se servir de lexpression des jardiniers.

Cette opération doit avoir lieu au printemps ,avant que la sève soit en mouvement. ( L. B.)

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(148) Olivier de Serres nayant point cultivé >ir g e 410,le palmier-dattier (phoenix dactylifera) qui de-mande une chaleur bien supérieure à celle desparties les plus méridionales de la France , com-met deux erreurs dans le court article quil luiconsacre. Lune, lorsquil assure quen semantplusieurs noyaux de dattes , les tiges, produites

par chacun, se réuniront pour former un seularbre ; lautre , quand il dit que les fleurs mâlesproduisent des fruits. Enoncer ces erreurs suffitpour les réfuter dans létat actuel de nos connois-sances. (L. B.)

(149) Je ne sache pas quaujourdhui on cul-

tive la canne a sucre (saccnarum ojjicinarurn) en h 38 *France , autre partque dans les serres des jardinsde botanique. Puisqu Olivier de Serres annoncequon la cultivoit de son temps en Provence , ilfaut le croire, mais cette culture na jamais puy être fort étendue, et on a y renoncer par lapresque impossibilité de voir arriver les cannesà maturité. ( L B.)

Quant à ceux qui désireroient connoître laculture particulière de cette plante et les moyensden tirer le sucre et ses produits , ils trouveront

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