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Tome II. IIe. Partie.
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SEPTIESME LIEU

désireux de belles fontaines, croyent tropà leurs paroles. Ains la vraie addressede mettre en évidence les eaux que nostrepère-de-famille a cachées dans son ter-roir , telles que la Nature y a mises ,pour les convertir à ses usages : sans luipromettre autre chose, ne lui f aire espérerdes montaignes d’or, de quoi il aura rai-Marqun sonnable occasion de se contenter. Ne

trompeuses A , . ,

u nctrche s arrestera donques aux vanités des char-d “ caux ' latans , ni aux signes frauduleux dontplusieurs ont escrit : remarquans lesfontaines par nombre infini d’herbes ,par-entr’elles presques contraires en qua-lités : par vapeurs sortans de terre : parfossés creusés, y fourrant des vazes deterre, ou des bassins oingts d’huile, aprèsmettant dans iceux du cotton, de lalaine , ou des esponges, pour en tirerl’humeur , et par là juger de l’eau du' fonds , telles farfanteries inventées pourconfondre l’oeuvre , et se rendre admi-rables. Mais seulement se fondera èschoses asseurées,et sur lesquelles,commepresques les touchant au doigt, l’hommed’esprit asserra solide jugement.

De discourir de l’origine des fontaines,de leurs essors, de la propriété de leurseaux , médecinales , malingnes , voiremiraculeuses , n’est ici à propos ; tellecurieuse philosophie surpassant l’enten-dement de l’homme des champs, qui aplustost besoin d’eau pour sa maison ,que de jraroles pour repaistre son enten-dement. Eien s’enquerra-il de la bontéet de la malice de l’eau, pour se servirde la bonne, et rejetter la mauvaise.Premières Premièrement considérera le père-de-fa-

et nécessaires IV T •

okmifw mule, le lieu de sa situation, s il estles sources. niontaigne ou plaine > si son terroir estde soi-mesme humide ou sec, pour plus

se promettre de l’un que de l’autre. Lesmontaignes et lieux relevés sont commu-nément plus fournis d’eaux , que lesgrandes plaines, au pied desquelles mon-taignes plus sourdent de fontaines, qu’èsrazes campaignes, qui demeurent sèches,si elles ne sont arrousées de rivières ve-nantes d’ailleurs. Les terres chargéesd’arbres , quels qu’ils soyent , ne sontsans humidité, mais en plusieurs endroitselle est tant petite , qu’elle ne peut servirqu’à la seule nourriture des arbres :mesme s’ils sont d’espèce , autre que decelle qu’on appelle aquatique. De mesmeen est-il des herbes : car aucune ne ver-doyera gaillardement sans le secours del’humeur sous-terraine. Néantmoins nese peut-on servir en cest endroit, de l’ad-dresse de toutes herbes iiMifïéremment jcar en vain creuseroit-on pour avoir del’eau sous autres que celles qu’on sçaitcertainement ne jiouvoir vivre sans grandehumeur : comme sont toutes espèces dejoncs , de lis d’estang , d’aune , et sem-blables tirées du grand nombre, que pourla recerclie des sources,certains Antiqueset Modernes ont enroollé, comme j’ai dict.Les lieux moites , y apjrarant l’eau tantpeu que ce soit, ès grandes sécheressesd’esté, vous en f ourniront beaucoup : maisplus abondamment si le fonds est terrain,que rocher. Attendu que de nécessité fautque la f ontaine soit grande pour abbruverla terre où elle sourd, avant que paroistreà l’aer regorgeant au-dessus de la super-ficie. Au contraire, celle sortant directe-ment du roc, toute entière se rend en évi-dence, pour la durté du rocher qui n’enconsume aucune partie : ou ce seroit quedans l’intérieur par quelques veines ca-chées du rocher, l’eau se perdist. Ce qui

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