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Tome II. IIe. Partie.
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DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.

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Æsseurèe

reacerrche.

Lieu II,chhapi. 1.

*

Conmparaisondes s fontainesauux arbres.

est bien difficile à juger, et encores plus pé-rilleux à remédier, comme sera monstré.

En tel lieu donques ayant tout autre ,recerclierés la fontaine , par fossés tirésde l’endroit où désirés faire le réceptaclede vos eaux, en haut : embrassant beau-coup de terroir , à la manière ja mons-trée sur l’espuisement des marès etlieux marescageux, pour les convertir enbons labourages , où je vous renvoyé,évitant prolixité. Car puis après que làj’ai amplement traicté de ces choses, ceseroit en cest endroit ennuyeuse redicte ,de discourir le mesine. Veu qu’autre dif-férence n’y a-il du dessécher les terroirsaquatiques , à la perquisition des fon-taines , si n’est, que par cestui-là, on sedescharge des eaux nuisibles , et par ces-tui-ci, on s’attire les serviables. Ainsioeuvrant, fontanelle aucune ne restera aufond du terroir , que par les trenchées ,dont l’aurés environné et chamarré detous costés, les sources ne se ramassent enune, qui se rendra d’autant plus grandeque plus humide sera le pays, et jdus deterroir aurés embrassé. Et à bon droictse peuvent comparer les moyens dont seforment les arbres, à celui des fontaines ,desquelles nous traictons à présent. Carcomme les racines des arbres sont escar-tées dans terre en divers endroits, et detoutes ensemble s’en forme le tronc : ainsiavient des fontaines , se composans deplusieurs racines ou veines esparses dansterre, par-ci, par-là 5 dont les aucunessont si petites et foibles , que séparées ,sont de nulle utilité , mais unies ensem-ble , font ce que désirés. Cependant està noter, que comme la fontaine excèdeen délicatesse toutes autres eaux , aussiplus délicatement veulent estre faicts ses

pieds de geline (ainsi appellées les tren-chées ou fossés dont est question) que siseulement on les entreprenoit pour le res-pect du labourage. Car afin que pour Moyen à

1 , î j i faire les fossés

aucunes pluies survenantes , 1 eau de pour ia P „-nostre fontaine ne se trouble, sera bon Z'/TZJ.’de mettre sur les pierres des fossés quel-que demi-pied d’argille pestrie, laquelleengardant que les laveures des terres nese meslent avec l’eau du fons, icelle eause maintiendra en sa bonté. Demeureraaussi l’eau, et plus nette et plus abon-dante , que plus profondément en serontcreusés les fossés : donques, sans crainted’excéder en mesure, les enfoncera-ondans terre tant que faire se pourra, n’es-pargnant les rochers qui se présenteronten chemin. Pour la mesme cause , est àsouhaitter le terroir ainsi fossoyé et re-tranché , demeurer en prairie ou autreherbage : car estant la terre, de coup àcoup, recouverte pour la culture, exhaleplus ses humidités au détriment de la fon-taine, que celle qui demeure entière. Encest endroit est notable la raison des puits,que bien-que là où l’on creuse n’y ait au-cune apparence d’humeur : si est-ce qu’a-près les avoir convenablement enfoncés,l’eau se rend au fons par le vuide de l’ou-verture. Ainsi l’essor attire les eaux ,comme par une siringue. Les trenchéesde nostre fontaine, attirent de mesme leshumidités delà campaigne,se convertis-sans en sources : toutes-fois tant plus ef-ficacieusement, que plus de vuide restedans les fossés , non tant pour avoir l’eaugrande place à se retraire, que pour levent enclos dans le vuide , qui arrache(par manière de dire) les eaux des envi-rons , pour les rendre dans ses enfonce-mens. C’est pourquoi plus d’eau sourd