DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
et s’escoulans par la descente. Le fossésera large de six pieds , creusé droicte-inent à plomb des deux mains, sans nullepente, duquel la terre en sortant seramise reposer sur l’un de ses bords, ducosté d’en bas. Pour retenir la terre decrouler dans le fossé , une muraille y seralaicte dès le Ions , contre et joignant leterrain, en la partie supérieure d’où vientl’eau , qu’on bastira à pierre sèclie, sansaucun mortier, pour n’empeschcr le librepassage de l’eau : et ce de la hauteur quedésirés vostre eau ramonter et un peu da-vantage , pour la faire aller plus gaie-ment. Ceste muraille n’attaindra pas ,toutes-fois , le bord d’en haut du fossé ,car d’icelui faut qu’il reste plus de deuxbons pieds , pour donner place à la terrequ’on y mettra par dessus afin de le re-couvrir , et ne destourner l’agriculture ,revenant aussi à profit à la fontaine, cequ’on préverra dès le commencement enprenant les mesures. En suite, une autremuraille de pareilles estoflé , façon, ethauteur, sera dressée dans le fossé, unpied près de la précédente , en ligne pa-ralelle, à ce qu’elles ne s’entre-touchent,chacune ayant d’espesseur un pied etdemi. Ces deux murailles causent deuxvuides , l’un par-entr’elles, et l’autreentre la seconde muraille et le terraind’en bas. Ce vuide-ci sera rempli d’ar-gille , bonne et bien choisie, sans aucunepierre. On mettra l’argille dans le fossé,petit à petit, en la pestrissant et affer-missants! bien etfidellement, qu’aucuneouverture n’y reste parmi, afin de fermerdu tout le passage de l’eau , la destour-nant de son cours ancien , pour lui enfaire prendre un autre. Comme par tellecontrainte,certainement fera : car ayantThéâtre d’Agricidture , Tome II.
vera,qvers la
l’eau rempli le vuide d’entre les deux mu-railles, ramontera en haut, et s’enflantpour escliaper de quelque part, s’escou-lera par le plus bas endroit qu’elle treu-ui sera l’issue que lui aurés donnéere, pourveu que , comme aesté dict, le doz du général terroir favo-risant l’oeuvre, tienne bon, pour engarderde perdre l’eau, en rétrogradant, car encampaigne platte de tous costés, l’eau nepourroit estre ainsi contrainte. Après ,ce vuide ou repositoire d’eau, sera cou-vert avec des larges pierres plattes, tra-versantes d’une muraille à l’autre, et suricelles mettra-on de l’argille pestrie, unpied, afin d’empescher de se mesler leseaux des pluies, avec celle de la fontaine,pour icelle demeurer nette. Finalement,ce qui restera de la fosse , sera combléavec de la terre du lieu, dont on recou-vrira tout l’artifice, rempar et murailles,
et tant à prolit, que l’eau ne se puisseconsumer par exhalaison : ains, entière,demeure fresche en esté, et chaude enhyver , selon son naturel. Ce qui plus à •»"-
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asseurément aviendra, estant le dessus i» fontaine
, . 1 , , ce fonds estre
converti en herbages, prairie ou autres , en prairie.pour les raisons dictes. Ce rempar, cu-rieusement faict, sans précipitation, estde perpétuelle durée , non sujet à ruineprovenante de vieillesse, qui l’assujettisseà réparation. Seulement a-on à prévenirà temps les ravines des eaux, torrens, etautres cheutes de pluies,pour les divertiren lieu qu’elles n’ayent aucune prinse surnostre fontaine, en tout ou en partie.
Aucuns font ces rempars-ci, de maçon-nerie qu’ils enferment dans terre : d’au-tres avec des aix de chesne, joinctes en-semble j mais en l’un ne l’autre , quoi-que de plus grand prix, ne sont si propres
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