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SEPTIESME LIEU
à retenir l’eau, que l’argille, de laquelleainsi couverte et employée, ne sortiraune goutte d’eau ; ce que tant ne s’ose-onpromettre des autres matières. Supposéque durant toute l’année l’on puisse tra-vailler à ceste oeuvre , si est-ce qu’il estplus désirable cela estre lors que la terreest sèche , qu’humide. Tant pour la fa-cilité du labeur, que pour la bonne opi-nion qu’on a de l’issue: parce que l’eau quivous apperra par telle recerche, durant lasécheresse, pour le moins vous demeurerasans descheute : ce que n’espéreriés, fouil-lant la terre estant humide, vous mons-trant lors plus d’eau, que par-après neQuel um r . vous en laisseroit. Pour laquelle cause ,pnpreateUe c ]j 0 j s j r ^ s ] e ino j s d e Juillet et d’Aoust : car
comme le plus sec temps de l’année, encest endroit, aussi vous est-il le plus utile.
C’est le plus difficile de la fontaine,que ce qui en a esté dict, comme aussi leplus important, voire le fondement del’oeuvre, et qui a donné grande peine àplusieurs , avec peu d’effect et beaucoupde despence , par faute d’entendre cequ’ils entreprenoient : car souventes-fois,une fontaine est cercliée où elle n’est pas,sous des faux indices et guides , où opi-niastrementon s’aheurte avec moquerie;mais nostre recerche est du tout asseurée,moyennant laquelle serés résolu de vostrefaict, et par-là ne pourrés faillir de ra-masser en un lieu, toutes les eaux de plu-sieurs : en somme, d’assembler toutescelles qui sont dans le terroir que fouil-lerés, et ce , sans aucun hazard : qui estce que tout homme d’entendement peutraisonnablement désirer. Et si bien ilsemble telle si générale recerche estretrop pénible , et meilleur fouiller seule-ment où sont les sources, en laissant les
autres parties du terroir ; la responseest, ceux-là se treuver fondés en raison,qui ne voudront ouvrir la terre que oùcertainement est caché ce qu’ils y cer-chent. Mais peu de gens le rencontrent.
Pour à laquelle incertitude remédier, l’in-vention du général fouiller est treuvée ,par où l’on ne peut estre déceu. Et commeà quelque chose malheur est bon, de l’i-gnorance de la pluspart de ceux qui semeslent de ces choses , est procédée lavraie science de mettre les sources enévidence, par ceste manière-ci. N’estanttant de perte à prendre trop de terre, quepeu, puis que par ce moyen-là, en n’ou-bliant rien, on vient asseurément à boutde ce qu’on désire : et que par cestui-ci,souventes-fois on se treuve déceu, lais-sant en arrière et faillant de peu la source,par faute d’avoir embrassé assés de terre.
Joinct que c’est tous-jours mesnage, demanier ainsi le terroir qu’on désire des-charger des eaux et pierres nuisibles, oude l’un d’eux, selon les nécessités, commea esté monstré . Par tel ordre, aussi aug-menterés vos vieilles fontaines : à quoiconvient aller retenu, en ne fouillantinconsidérément, ains avec l’art requis ,jettant les branches nouvelles dans lasource. Sur tout, aviserés à ceci, de ne k* /<.««rompre les rochers que bien à poinct, car ‘ZZlîZpZsouventes-fois cuidant augmenter la fon- u ‘ roch ' r ‘-taine, on la diminue. D’autant qu’un pourquoi.rocher rompu aussi tost vous peut-il osterde vostre vieille eau , que de vous endonner de nouvelle. Par-quoi ou conten-tés-vous de vostre eau , telle que l’avés ,sans y rien altérer, ou s’il escheoit del’augmenter, que cela soit avec raison-nable apparence d’utilité et sans nulhazard, qu’y mettiés la main.