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SEPTIESME LIEU
dre comme dessus, en le reschauffanttoutes les fois qu’il vous plaira vous en
Froid, servir. Le froid se compose des poudresci-dessus notées, et en semblable propor-tion , aussi subtilement sassées. On lesdestrempe dans de l’huile de nois , maisfort clairement, les meslant ensemble àforce de battre et remuer avec une spa-tule de bois. Sur quoi on ad-jouste quel-que peu de fines estoiqipes de chanvre,couppées menu , et un peu davantage degraisse de bouc ou de chèvre, crue ,hachée subtilement, qu’on incorpore toutensemble fort proprement. Après, est cemeslinge ainsi clair, à raison de l’abon-dance d’huile , endurci avec de la chauxneufve fusée sans eau , et blutée commefine fleur de farine, en y mettant peu àpeu , battant et remuant tous-jours , jus-qu’à ce que le ciment ne tienne plus , nià la terrine ni à la spatule, non pas mesmeaux mains, ains que sans en estre embar-bouillé , on le puisse manier, commecire ou paste douce et glissante. A tellecause aussi est appelle , ciment de paste,comme l’autre , de fonte , pour sa qualitérefondante toutes les fois qu’on s’en veutservir.
Pourrès Reprenons le cours de nostre fontaine.'7e' tr L ‘/on- Si pour vostre bastiment, l’eau de la fon-Z’tJZ ta i ne vous accommode , vous-vous eno"pZlô’aLr P ourr és servir , en la faisant couler parles tuiaux ja posés : quoi-que cela soitfreschement, sans crainte d’aucune tare ,pourveu que la vuidange n’offènce l’édi-fice , ce qu’accommoderas en la destour-nant. Et ne doubtés que les cimens nerésistent à l’eau dès-incontinent estreposés , mesme le froid , quoi-que tardifà sécher. Touchant le chaud c’est sansdoubte qu’il se treuve en sa perfection de
bonté , dès-incontinent estre posé , pourson naturel soudain à s’endurcir. Ainsi,”*si bon vous semble, vous-vous ferés suivreà l’eau , pour la fabrique de la fontaine,jusqu’à perfection d’œuvre. Noterés quela porte de la mère sera posée un pied etdemi plus hautement que le niveau dupremier tuiau faict dans la pierre , paroù l’eau s’escoule , et demi-pied au-des-sous, fera-on le trou duquel ja j’ai parlé,pour vuider au besoin, ou l’eau sur-abon-_ dante , ou l’ordinaire ne pouvant coulerpar son chemin préparé , pour les des-tourbiers survenans. Ce trou est appellé, tarromlarron , comme desrobant l’eau , très-nécessaire en cest endroit, retenant deruine la mère , laquelle seroit en dangerde crever par trop d’eau, sans telle issue.
De quarante en quarante toises, y aura te,une autre maisonnette de trois ou quatre ° u repos °' rupieds en quarreure, bastie de semblablematière, et en la forme de la mère , ainsicomme elle, voustée et couverte de pierresplattes. Telle maisonnette est appellée ,serve ou reposoir, à cause de l’eau de lafontaine qui s’y arreste , pour le profitdu conduict. Ces reposoirs sont inventéspour, sans trop de despence, raccoustrerl’aqueduct lors qu’il en a besoin. Carquand il avient que la fontaine s’arreste,on va visiter les serves commenceant à laplus prochaine de la mère, où est prins avisde l’endroit auquel le mal est caché, pour yremédier, sans estre contraint de débastirpar trop de canal, comme sans telle ad-dresse , allant incertainement, convien-drait faire. En la serve l’eau de la fon-taine entre d’un costé , et s’en sort d’unautre par une pierre persée, qui la vuidedans un tuiau, laquelle est grillée d’une| boiste de plomb, comme celle de la mère.
La