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DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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seroit employé sans sa difficile applica-tion : qui bouillant est mis en œuvre,sur laquelle il gèle promptement, commela cire d’Espaigne en cachetant des lettres.Dontavient, que pouvant à l’aise et entreles mains , tenir les tuiaux en les cimen-tant, lors seulement l’on se sert de ce ci-ment-ci : non en bastissant les tuiaux surla muraille , pour l’impossibilité d’appli-quer le ciment, ainsi fondu et bouillant,en tel endroit ferme, et qui ne peutsouffrir tenir les tuiaux en l’aer pour fairejouer le ciment liquide, le jettant dansle tuiau avec une cueiller de fer, par tousles endroits nécessaires. Auquel défaut,supplée le ciment froid : car après avoirjoinct ensemble, quatre , cinq , ou sixtuiaux avec le ciment chaud ( et en sommeautant que, sans rompre, commodémenton peut porter ainsi unis) est tel assem-blage doucement porté sur la muraille ,pour y estre basti, puis est joinct avecl’autre assemblage de pareil nombre detuiaux ja posé, par le moyen du cimentfroid, duquel, à l’aise, entre les doigts,et comme l’on veut, la commissure etjoincte, estprofitablement couverte. Ainsicompensant ces choses , de hastiveté , detardité , de bon marché et de cherté, lesdeux cimens sont retenus chacun en sonreng, où ils se rendent de si bon service,que convertis en pierre , tant ils s’affer-missent , sont de perpétuelle durée.Moyennant lesquels cimens, et que d’eux-mesmes les tuiaux soyent de bonne ma-tière et bien cuits , profitablement ma-çonnés , enfoncés dedans la terre de lamesure monstrée, et toute la fontaineentretenue ainsi qu’il appartient, nedoubtés qu’elle ne serve plusieurs géné-rations, sans craindre, ni les froidures,
Façon Jf,cimens.
ni les chaleurs , et qu’en toutes saisons,l’eau n’en soit bien qualifiée 5 froide enesté , et chaude en hyver, ainsi que rai-sonnablement chacun la désire.
Et à ce que nostre père-de-famille nese mette en peine d’envoyer loin cercherdes cimens pour sa fontaine (selon que lafarfanterie des fontaniers en tienne chèresles receptes, ne les donnans que rare-ment , et encores sous promesse de neles publier), je lui monstrerai le moyende faire composer en sa présence , lesdeux cimens susdicts. Pour le ciment cw.chaud, est requis bolus, caillou de ri-vière , verre, escume de fer des mares-chaux , autant de l’un que de l’autre,tuilles vieux, ou à leur défaut des nou-veaux , en telle quantité , seul, que detoutes les choses susdictes ensemble : toutcela sera mis en poudre subtile, sasséeà travers d’un bluteau , et meslé ensem-ble. Puis de poix-rexine, sera mise fon-dre , le double du poids des choses sus-dictes , dans un pot de fer, sur feu decharbon, avec un peu d’huile , plustostde nois que d’autre , et de graisse quelleque soit ; et lors que cela bouillira , jet-terés dedans les poudres susdictes petit àpetit, en les meslant et remuant sanscesser, jusqu’à ce que verrés avec la spa-tule , cela filer , comme térébentine , ets’endurcir promptement dans l’eau , yen ayant jetté une goutte pour essai. Lorsosté du feu , sera le tout versé dans uneterrine vernie , y ayant au fons un peud’eau , pour engarder que la matière nes’y attache, où soudainement s’affermira,comme métal, que garderés pour provi-sion , tant qu’il vous plaira. Le voulantmettre en œuvre , le fèrés briser à coupsde gros marteaux de mareschal, et fon-