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SEPT.TES ME LIEU
sans vous amuser par esplanades à ac-commoder tous tels défauts, ains faictes-lui passer par dessus, vostre fontaine ,qui coulera en tel endroit, aussi bienqu’ailleurs. Par l’instrument appelle,chante-pleure, l’eau ramonte tant qu’onveut j mais cela ne se peut faire autre-ment , qu’à telle condition , que l’eau nese peut arrester en endroit, plus haut quejustement où l’instrument la prend, ainsest rendue en mesme plan , ou plus bas :demeurant, pendant qu’elle ramonte ,enfermée dans l’instrument ; dont telleinvention ne peut servir à ramonter l’eaud’un puits ou d’autre bas endroit, pourles arrousemens : ains seulement à re-muer une liqueur d’un vaisseau à l’autre,pour, sans peine , du plain se transvaserau vuide , et très-commodément en cestendroit de la fontaine. La chante-pleuren’est autre chose que deux tuiaux d’es-tain , ou d’autre matière , d’esgale lon-gueur et grosseur , telles qu’on veut,joincts ensemble , faisans deux branchesde telle figure que ceste lettre grecque A.Pour le faire jouer, l’on met de l’eau dansl’une de ses branches, puis l’ayant es-touppée , pour garder que l’eau ne s’es-panche, l’autre branche est mise plongerd’un bout dans un seau plain d’eau: aprèsest destouppée la branche remplie d’eau,regardant en hors , pour la vuider ; ceque faisant, l’eau en sortant attire à ellecelle du seau passant par la branche, qui,vuide , y avoit esté plongée : et ce parla vertu du vent enclos , sans autre mys-tère , dont toute l’eau en est espuisée.Ainsi accommode-on la chante-pleure ànostre fontaine, mais c’est en grand vo-lume : cest instrument servant de modelleen cest endroit. Il ne faut que continuer
la fabrique de la fontaine en la manièrecommencée, passant les tuiaux par dessusle rocher, quelque haut qu’il soit, à lacharge de laisser un trou , comme unbondon de tonneau, aufaiste et plus hautendroit du rocher, pour d’icelui remplird’eau la partie des tuiaux vers la descenteet cours de la fontaine, pour attirer l’eaude la fontaine séjournant en l’autre partieprès du rocher. Et à ce qu’utilement l’onse puisse servir de telle invention, serade besoin faire une serve joignant le ro-cher du costé de l’issue de l’eau , et lorsqu’il conviendra se mettre en oeuvre , letrou de l’issue de l’eau dans la serve,serafermé : puis par le trou estant sur le ro-cher, on remplira d’eau avec des vazes etentonnoirs , la partie du canal attenanteà la serve , qui sera là retenue , par laboucheure du trou. Après , très-curieu-sement , sera fermé le trou du rocher,et si bien , qu’aucun aer n’en respire,finalement ouvert celui de la serve, pourvuider l’eau mise en ceste partie-là, quien s’en allant en bas le chemin de la fon-taine , attirera l’autre eau séjournanteprès du rocher , venant de la source.Ainsi par le vent enclos , comme se voiden la chante-pleure , une eau tire l’autresans intervalle, ayant une fois prins sontrain. Pourveu que le trou du haut de-meure tous-jours fermé , et qu’au canalenvelopant le rocher, montant et descen-dant n’y aie aucune respiration. Car s’es-ventant là , pour peu que ce soit, la fon-taine cessera tout à faict aussi tost decourir : à quoi seulement aura-on à tenirl’oeil, pour le respect de ce passage.
Avec plus de raison ramonte l’eaupoussée par celle qui descend, qu’elle nedescend attirant à soi celle qui monte.
Discoum surle montrer etdescendrre deVeau.