DU THEATRE D’AGRICULTURE. 54 7
Cestui-.ci estl’effect de la chante-pleure,représenté ci-dessus, où, avec merveille,le vent enclos ouvre immédiatement. Etcestui-là, ce qu’on void journellement aucours des fontaines qui rejaillissent enhaut, dont la chose , comme ordinaire,* n’en est beaucoup admirée : joincte cestecause contemjdée de près , qu’une eaupoussant l’autre, faict en cest endroit quel’eau descend premièrement, autant ouplus qu’après elle ne monte : dont nullecommodité, sans moyen , ne se treuvepour les arrousemens, non plus que parla chante-pleure, ainsi qu’a esté monstré .Or comme au ramontement du rocher estnécessaire le canal de la fontaine estresans aer, pour animer le cours de l’eau :de mesme eschéant faire renfler l’eau ,pour le rejaillissement, de nécessité con-vient , que tant que le renflement dure,au conduict de la fontaine, n’y aie niserve , ni larron , ni esventoir , ni autreouverture par où l’eau puisse respirer ;autrement l’eau s’escoulera au premierjour de son rencontre. Et bien-que lerenflement travaille fort les tuiaux , nedoubtés que ceux de terre cimentés , etbastis comme dessus, ne satisfacent à ceservice-ci, sans se mettre en peine d’enfaire , pour ces mauvais pas, de plomb,de bois , de fer-blanc, ou d’autre ma-tière, selon l’usage d’aucuns, se desfiansde la terre , par ne la sçavoir manierainsi qu’il appartient (7).
Le ch-.hemiin II est à souhaitter , le chemin de lataiMuieitTà fontaine estre en droicte ligne ( non quegnT’W’nie't nécessaire , l’eau ayant le doz ployable ,pcibMe, p 0ur s’accommoder par tout), à cause qu’ilest plus court qu’en oblique , moins quenul autre , sujet à recevoir les importu-nités qui lui causent ruine, et plus facile
aussi à nettoyer , dont il s’en rend et demoins de coust, et de plus de durée. Estnécessaire esloigner l’aqueduct de toutessortes d’arbres, pour le danger que leursracines se fourrent dans le canal : commede si subtiles y en a-il, qui traversent,et bastimentet tuiaux, sentansl’humeurde l’eau, et s’accroissent tellement dedansles tuiaux, que remplissans le vuide, bou-chent le passage de l’eau, à la ruine de lafontaine : tel engrossissement est, par lesfontaniers, appellé, queue de renard.
La fin de ce travail, est de donner T.e récep •
• \ 1 /* . • , • • tacle de la
issue a la iontaine, pour en tirer service. f„ nlaiM! .En cest endroit l’on despend tant qu’onveut, comme aussi, ainsi le désirant, àtrès-vil prix, se faict le réceptacle de l’eau.Donques laissant au père-de-famille , laliberté de se faire faire des vazes à rece-voir l’eau de sa fontaine , de jaspe , deporphire , de marbre, deleton, ou d’au-tre matière , riche ou pauvre , artiste-ment élabourés, ou autrement, ainsi qu’illui plaira, et selon le rencontre des ou-vriers : aussi de disperser sa fontaine parles endroits de sa maison , ès portiques,basse-courts, cuisines, caves,et de ses jar-dinages, selon l’eau et les nécessités : pourlé dernier avis, lui monstrerai le moyend’entretenir sa fontaine, afin d’en tirerlonguement plaisir et service.
La plus certaine ruine de la fontaine , Prbeniria
. 1 i p i j ruine de la
vient de paresse , quand par taute d en j ontaine .tenir bien closes la mère et les serves,les grilles s’escartent, et à telle cause,des brossailles se fourrent dans les tuiauxarrestans l’eau ; dont estant contrainte derétrograder, se perd par nouvelles issuesqu’elle se faict dans terre , crevant letuiau, sans laquelle imprudence la fon-taine dureroit un monde d’ans. A quoiZ z z 2