DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
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requis ne les laisser nullement séjournerdans le ciment avant qu’estre employées ;ains sur l’instant mesme de l’applicationdu ciment, y en mesler peu à peu, etpar ce moyen aurés du ciment de très-bon service. Ainsi que mortier commun,sera qualifié le ciment, c’est à dire , nedur, ne mol, afin qu’avec pareille faci-lité que le mortier puisse estre manié te-nant contre le mur. On en fera une in-crustation espesse environ d’un poulce ,afin qu’ayant corps raisonnable , puissemieux résister à l’eau, que si par avaricerestoit trop mince. J’entens notamment decimenter le bas, pour le danger de se per-dre 1 ’ eau par là, aussi bien que des costés,mesme quand ce seroit tout rocher. Si c’estroche ferme, sur icelle se mettra le cimentcomme dessus : si terrain, premièrementon y fera un pavé de pierre menue et grosgravois, le maçonnant avec du bon mor-tier, composé de chaux neufve, et gros sa-blon, sans tenir autre ordre à l’assiete desjiierres, ains comme fonte confusémentjcller ce meslingc au fons, et en faire lepavé, de l’espesseur d’un couple de pieds,et par dessus le ciment y sera appliqué,avant que le pavé soit du tout sec (10).qu, -ne eau Voilà le logis de l’eau préparé , main-
'iafiurJtTr. tenant il convient parler de l’eau mesme.lLe.‘ c “" Toute eau, quoi-que de pluie, n’estbonnepour réserve en cisterne •, c’est seulementcelle qui vient en saison , tempérée defroidures et chaleurs , toute autre estantrejettable. Car en l’eau des glaces , desneiges, des tonnères ettempesles, s’en-gendre de la vermine, pour peu qu’on lagarde : faisant aussi corrompre la bonneestant dans la cisterne, si on y en metpar dessus , tant peu que ce soit. Aureng des eaux de mauvaise garde , sontThéâtre d’Agriculture , Tome II,
la conduiredans la cis-terne.
Cestc-ci estmauvaise.
celles qui chéent en petite quantité durantles chaleurs , et aussi les premières desgrandes pluies venans après longues sé-cheresses. D’aucunes desquelles, commesujettes à s’empuentir, ne nous servironsen cest endroit : les pluies d’automne etdu printemps sont bonnes pour fournireaux franches et de longue garde , del’hyver aussi, pourveu que le temps nesoit aspre : peu de l’esté y en a - il quivaillent le retirer, à cause de l’extrémitédes chaleurs. Sur toutes , les meilleuressont les eaux du mois de Mai, lesquelles,soigneusement, convient retirer pour laprovision de l’année. Le moyen de re- Commentcueillir les eaux des pluies est par canaux,qui attachés au bord des couvertures dulogis , ou autres , desquelles on se veutservir en ce cas , les conduisent par untuiau jusques dans lacisterne. De diversesmatières faict-on ces canaux et tuiaux-ci,de plomb, de fer-blanc , de bois , depierre , de terre cuite, qu’on accommodeselon les lieux, et le désir de despendre.
La netteté est très-recommcndablc en cest tem,
, . . 1 9 /Il 1 nettement la
endroit, pour avoir eau d agréable et long due,ne.service ; c’est pourquoi, nécessairement,convient aviser à ce poinct, que de faireles avenues de la cisterne si aisées qu’ellesse puissent facilement visiter , pour lesnettoyer à tout besoin. Peu de saletéss’arrestent ès couvertures des maisons deFrance , à cause de leur figure poinctue:au contraire, beaucoup ès autres quisont plattes , mais aussi plus aisément ,pour les nettoyer, monte-on sur celles-ci,que sur celles-là. Le meilleur , toutes-fois, est d’en osier,tant que faire se peut,les causes de saleté : dont non petite est l,, P i s ,omdonnée aux pigeons, qui s’arrestans sur fZTL.les couvertures, par leur fiente les ensa-
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