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SEPTIESME LIEU
lissent, au détriment de l’eau passantpar-là, qui s’en rend très-mauvaise. Par-tant soyent bannis les pigeonniers deslieux de cisterne, ces deux commoditésn’estans en mesme prédicament, et nepouvans compatir ensemble. Mesme n’yest permis nourrir un seul pigeon patté ,ou ce seroit en estroicte servitude, pourle grand mal, que peu de ces bestes lontLatries aux cisternes. Les couvertures du logis,d°uhgs‘“ m donques , desquelles l’eau est recueillie ,seront nettement tenues , voire et lavéesà toutes les fois qu’il pleuvra avant qu’en-fermer aucune eau dans la cisterne, afind’avoir l’eau nette en perfection , à celaAvenue *de* disposant les avenues. Un tuiau fermésistefnè'' U est attaché aux canaux des couvertures ,d’où il reçoit l’eau , la conduisant en basdans la cisterne. Premièrement, il ladescharge dans une petite auge bastiejoignant la cisterne , laquelle auge rem-plie , en versant en haut, vuide l’eau dansla cisterne, par un passage grillé , pourarrester les ordures de passer outre.L’auge est persée au fond , pour de cetrou bas, perdre l’eau, la remettant en horsquand on ne la veut recueillir : soit, ou àcause qu’on n’en a pas faute, ou l’eaun’estant de saison, ou en attendant quela pluie aie suffisamment lavé les couver-tures , afin que l’eau en soit plus nette :ainsi autre que bonne eau ne serrerés ,dont elle se treuverade bonne garde. Età ce que ne soyés surprins, par pluiessurvenantes à l’impourveu, tiendrés con-tinuellement ouvert le trou de l’auge ,vuidant en hors, sinon quand il sera ques-tion de retirer la bonne eau, sous les qua-lités susdictes, qu’on le fermera. Demeu-rant aussi l’auge close par un huis, commecelui d’un armoire ou d’un coffret, fer-
mant à clef, afin qu’aucun destrac n’a-vienne à ce mesnage, comme presquestous-jours faict des choses dont l’on netient conte. Reprenant ce que dessus j’ai Toute u
i -J .-i ' cisterne sera
dict, touchant iemesiinge des eaux, il sera COUi , erte tpourveu qu’aucune autre de la pluie, quecelle venant par l’ordre susdict, soit ban-nie de la cisterne, pour le bien de ce mes-nage : car pleuvant par dessus la vouste Pourquoi.de la cisterne, la pluie se distillerait dansla bonne eau , à son détriment : ce qu’onpréviendra , en faisant un bon couvertdessus la cisterne, comprenant, pour lemoins , toute sa grandeur $ cas estant quela cisterne soit bastie à descouvert en labasse-cour , au jardin : car de celle quiest enfermée dans la maison, n’est besoinde donner ni suivre tel avis.
Ces choses sont communes à toutes Par quelssortes de cisternes, basses et hautes 3 mais S”"* &de tirer de l’eau par le bas, est particulier ZTu't’er*à celles hautement édifiées , pour l’ai- vlce -sance de les faire vuider du fons. Lesfontaines simulées dont j’ai parlé, vien-nent de là, qu’on ageance avec tant d’arti-fice, qu’autres que ceux qui en sçavent. lesecret, 11e les discernent d’avec les vraiessources. La cisterne enfermée dans lelogis en lieu caché sert de mère, de laquelledérivent les tuiaux qui conduisent l’eau,en la propre manière monstrée en la fa-brique de la fontaine. Dans des vazes etréceptacles lâchement et mignonnementélabourés (puis que c’est pour le plaisir) ,vuidera l’eau, en la basse-court, ou entel autre endroit du logis qu’il vous plaira,et l’esgoust, par autres tuiaux , dansautre cisterne , pour servir aux abbru-voirs des bestes et arrouseinens des jar-dins. Ainsi rien ne se perd : car aprèsque l’eau aura paru en plusieurs parts,