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SEPTIESME LIEU
T.a manièred'eslevar le/ neurier.
Au Lieu V,chap. xv.
Commentretirer lagraine dufruivt.
Quand lasemer.
couvre des arbres : assavoir , par rejec-tons , par brandies , et par semences,l’une desquelles l’on choisira comme ilviendra le mieux à propos.
Quant au meurier , son plus asseuréfondement, est la semence, préférableà tout autre ageancement (18). Et parceque cest arbre est de très-grande valeur ,non seulement pour le bon bois , dont ilabonde, qui lui faict tenir reng honorableen la forest et au taillis , mais principa-lement pour la soye sortant de sa fueille ,pour laquelle il est fort recerché : je m’ar-resterai, en cest endroit, à dire commenton doit gouverner sa graine , pour enavoir des arbres. J’ai monstré au discoursdes vers-à-soye, la différence du meurierblanc au noir, quel des deux est le meil-leur , et quelle résolution doit là dessusprendre le père-de-famille : aussi queparmi les meuriers blancs , s’en treuventde trois sortes, distinguées par le seulfruict, blanc , rouge , noir ; et que parle jugement d’aucuns , l’arbre d’entreceux-là , produisant la meure noire,donne la meilleure soye. Selon telle sub-tile recerche, par dessus les autres, nouseslirons la graine venant de ces meuresnoires, pour l’engeance de nostre meu-rière. Des meures prinses en parfaictematurité , seront jettées en l’eau dansquelque large vaze , et là dissoutes en lesfrottant entre les mains , pour en retirerla graine ; ce qu’on fera après avoir vuidél’eau du vaze , et mis sécher la graineavec son marc, à l’ombre, non au soleil,de peur que par sa chaleur, la graine(qui est fort tendre) n’en fust offencée :laquelle graine, séparée, d’avec la pous-sière , sera retirée pour la semer en saison.La saison delà semer sera dès incontinent
que l’aurés recueillie , si l’année est ad-vancée : mais estant reculée , conviendraattendre les mois de Mars ou d’Avril en-suivans, pour la mettre en terre : car enl’automne n’est à propos , à cause desprochaines froidures qui en tueroient lesarbrisseaux, lors estans par trop tendres.
La semant sur l’esté , se faudra soigneu- comm„„sement prendre garde de préserver les ZlTeTiJrlsemailles , avant qu’elles lèvent, de lagrande chaleur , en les tenant couvertes,aux plus importunes heures du jour. Onles descouvrira à l’approche de la nuict,afin de leur faire sentir la frescheur duserain, pour les recouvrir environ lessept heures du lendemain ; ainsi conti-nuant sept ou huict jours , et en sommejusqu’à ce que verrés qu’elles aurontpoussé : car moyennant tel ordre , ellessortiront tost de terre ; et par l'opportunarrousement, en les deschargeant desmauvaises herbes , les arbrisseaux s’enadvanceront, dont ils passeront gaiementle prochain lryver. Jettant la semence enterre au mois de Mars ou d’Avril, ne serabesoin de la couvrir aucunement, ains lalaissant à la merci du temps, se conten-tera-on de la bien traicter , par artificerequis. A l’autre mois de Mars d’après , <wrf Mles nouveaux meuriers de la pepimere se- u> artront remués à la bastardière , pour s’yachever de nourrir , jusques à se rendrepropres à estre replantés pour la dernièrefois , qui sera ayans attaint la grosseurdubras d’un homme robuste. Au discours Lieu vi,des fruictiers, a esté amplement monstré ctlap ' “ ,u-comment les arbrisseaux se gouvernenten leur tendre jeunesse : qu’il les convientmettre demi-pied dans terre, équidis-tamment d’un et demi en ligne droicte ,les couppcr deux doigts par dessus,com-