SEPTIESME LIEU
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bestes. Joinct , que l'affranchissementpassant plus outre , se rapporte au bois,qui pour tous ouvrages , de charpenterieet menuiserie , surpasse autant celui quin’aura esté enté, que faict le fruict légi-time , le bastard. Ce que le père-de-fa-mille ne mesprisera , veu mesme la faci-lité d’enter ces arbres-ci, plus grande etmoins pénible que de nuis autres, commea esté veu. Pour laquelle cause, fera-ilenter de ses chastagniers, bien-que dansla forest, autant qu’il pourra : tant pour lerespect du Iruict et du bois, que pour labeauté du rainage, qui se représente tous-jours plus beau à la veue, et en est l’om-brage plus agréable, que de ceux esquelstelle curiosité n’aura esté adjoustée (3i).Indifféremment , tous chastagniers neproduisent bois de mesme sorte, mon-tans en tige et s’eslargissans en bran-cheage , ains diversement, selon qu’ilssont plantés. Car les chastagniers de bonnaturel, et plantés en fonds qui leur ag-grée , estans pressés , s’en montent lorthautement, comme de six à sept toiseset davantage : dont sont faictes des poul-tres pour bastimens ès planchers, et cou-vertures , du tout bonnes : ne cédanspas mesme au sapin, ni à autre arbre,de quelle espèce que ce soit, principa-lement , pour la durée ; car quant à labeauté , le sapin le précède , à cause dela blancheur de son bois. Et touchant aubrancheage ils en rendent en grande abon-dance, la terre et l’aer leur aggréans (32).Ainsi avient des ormes , des pins , dessapins et semblables grands arbres, qu’onloge en la forest, tant plus serrément,que plus l’on les veut faire allonger entige , pour bois de haute fustaie. Entrelesquels arbres, le sapin , en latin dict,
abies , surpasse tous autres en hauteur,et à servir en bastiment, ne ployant ja-mais sous le fais. En plus large distanceles conviendra planter, si on ne regardequ’au chauffage , pour avoir abondancede branches, qu’on couppe à telle oc-casion. Tous ces plantemens se font àvolonté, toutes-fois, sous la particulièrepropriété des arbres , et remarque duterroir, qui imposent loi à ce mesnage,pour s’y assujettir j de peur que voulantefforcer le naturel de l’un et de l’autre,on ne rende vaine l’entreprinse du dresserla forest. Au fonds bien choisi, les roureset yeuses seront convenablement plantés, p ,"ï r 'Zr «de quatre à cinq toises de distance, pour et y' uscs -donner lieu aux branches de s’accroistreet eslargir. Aux chesnes les plus hauts , c»iu <*•<suffira de huict à neuf pieds d’entre-deux : '
les autres tenans le milieu, seront moyen-nement serrés, comme de douze à treizepieds de distance. Cela soit dict pour tousarbres, desquels l’on se veut servir en laforest, afin de les poser tant près, ouloin l’un de l’autre, qu’on verra estre àpropos. A quoi l’homme d’entendementpourveoira par sa prudence, comme aussichoisira-il les arbres dont il composera saforest, les plus sortables pour son terroir.
De renger séparément les espèces des ph„,„r a-arbres, a esté monstré combien telle sin- r ° r p l™‘“gularité cause de beauté et d’ageancement arlret -ès taillis. En cest endroit, telle distinc-tion n’est moins louable que plaisante ,voyant les belles chesnaies d’un costé :de l’autre, les chasteneraies, les ormaies,les coudraies, les fresnaies : et si le paysle porte, les pinnettes et sapinnettes, etautres assemblées d’arbres, par racesfaisans des corps séparés : divisés seule-ment par grandes et droictes allées, pour