DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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linger.
s’y pourmener à pied, à cheval, et ydresser des jeux de pallemail, et autresz r , mes- gentillesses. Et afin d’avoir des forestsde toutes sortes, pourra-on meslinger ,en aucuns endroits, des arbres de diversesespèces, pour rendre la forest plus agreste,selon que la qualité de telle partie dees a queiu domaine le requerra. Mais ce sera en
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avoisinant les arbres avec le moins dediscordance que faire se pourra, recer-chant ceux qui mieux symbolisent parentr’eux, pour les planter par-ensembleavec profit. Les yeuses pourront eslreparmi les chesnes : les charmes avec lesliestres : les ormes avec les érables etfresnes : les coudriers avec les meuriers:les pins avec les sapins et melèzes ; etainsi meslingera - on quelques autres ,qu’un chacun pourra remarquer selonson lieu, eu esgard à l’expérience que laNature mesme en faict tous les jours.Les arbustes d’infinies espèces, de nomet sans nom , sierront bien parmi lesgrands arbres, rendans touffue la forest,à la commodité de la chasse, et du fago-tage qu’on en tirera pour la maison. Encertains quartiers, les arbustes s’ad-jous-teront, non universellement par tout,afin que disposant la forest de diversessortes , elle s’en représente plus plai-sante que d’une seule ordonnance , selonAligner les la raison de la diversité. Planter les ar-bres à la quinconce et droictement alignésparrengées, est chose magnifique : maisaussi il semble que ce soit excéder en dé-licatesse; cela appartenant plustost auxarbres fruictiers et privés qu’aux stérilset sauvaiges, pour la rusticité requise èsboscages et forests; lesquelles, plus sepeuplent de gibier, que plus espessementet dru y sont les arbres. Or quelque
arbres en laforest.
■s surle planter desen ali-
petite distance qu’ayent les arbres par-entr’eux, estans alignés en tous sens, nese monstrent-ils tant serrés , que confu-sément plantés , quoi-que largement.D’autant que la veue passant par les al- Discourlées d’entre-deux rengs, ne s’arreste parle rencontre des arbres, lesquels lui fai- “
/ L conjusiun.
sans place, se couvrent le tronc l’un del’autre. Chose qui n’avient ainsi en l’as-semblage des arbres confusément plantés :car par l’opposition des arbres , la veueest arrestée tout court, dès l’entrée de laforest, et de telle sorte, que n’y pouvantpénétrer avant, il semble que la forestsoit fort touffue et espessement plantée,bien-queses arbres soyentmis par grandedistance , et fort esloignés l’un de l’autre.Escliéant perte de quelque arbre de laforest alignée (comme toutes choses sontpérissables), elle se recognoist incontinentqu’un seul arbre aura défailli, avec au-tant de difformité , que quand une dentde la bouche saulte hors de son reng. Cequi est sans remède aucun, d’autant qu’iln’est jjossible de replanter des nouveauxarbres en leur place, ne se pouvans re-prendre parmi les vieux. Tels défauts seremarquent notoirement ès belles clies-naies de plusieurs grandes maisons de ceroyaume, qu’avec soin les Ancestres ontfaict aligner, ayans demeuré en parfaictebeauté, autant longuement que leurs ar-bres se sont comportés , unis et vivansensemble, non davantage : car dès aussitost qu’aucuns d’eux ont quitté leurs rengs,ç’a esté dès lors mesme, que les chesnaiesont commencé à descheoir de leur lustre,augmentans en laideur par le temps, àmesure de la descheute des arbres. Pertequ’on ne craint en la forest confusémentplantée , par n’y paroistre telles défec-
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