DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 5 79
Par mesme ordre plantera-on le vège,le tamaris, l’ozier sauvaige et autres ar-bustes aquatiques servans à plusieurs cho-ses. Mais ce sera en leur donnant quar-tier , selon leurs particuliers mérites :mesme au bord des eaux pour retenirleurs ravages.
Quand Le temps le plus propre à planter toutesorte d’arbres et arbustes aquatiques, esthu ““' à la fin du mois de Janvier , et par toutcelui de Février, passées les grandes froi-dures, qui les endommagent, quand parnouvelle trenclie , treuvent entrée dansleur grande mouëlle (38).
Quelle est Touchant leur culture , grande peinehur culture. n » eS (. re q U i se , C ar ] es saules et oziers
qui sont dans les prés, n’en ont besoind’aucune , non plus que les autres arbresplantés près des eaux -, la fertilité du fondssuppléant à leur nourriture. Joinct quele labeur ne pourroit là estre que préju-diciable , pour l’intérest du foin du pré ,et pour le danger de donner prise au ra-vage des eaux, treuvans leurs bords es-levés par la culture. Ce seront seulementceux que labourerons , qui sont logés èsentours des terres à grains, et en autressemblables endroits : ce qu’on fera sansexpresse despence, puis que tout-d’une-main , le fonds se cultive pour les se-Ke/aut mences. De s’opiniastrer à dresser lesarbret eu sausaies, peupleraies, et aunaies en lieuxheux tecs. mon t a ig n eux et secs , est chose trop cu-rieuse , pour le peu de profit qu’on au-roit à en espérer. N’estant possible fairepar aucun artifice que cent arbres plantésen endroit contraint, rapportent tant debois, que seulement dix, estans en lieuconvenable à leur naturel. Ce qu’aussine pourroit-on essayer sans grande et im-portune despence , à cause du continuel
arrousement, et fréquent labourage, quede nécessité y conviendrait employer. La-quelle pénible diligence , discontinuéepour peu que ce fust, précéderoit de bienprès lamort certaine des arbres. Le père-de-fàmille avisera donques , que trop decuriosité ne le déçoive en cest endroit :afin d’employer tous-jours ses labeurs enchoses utiles. Comme aussi ne laissera JOe bon mes-vuide aucune partie de son héritage, jXrDo,”™.propre au bois aquatique : ains en rem-plira tout le trop humide et marescageux br “-de sa terre, ne pouvant estre espuisé pourle labourage. S’asseurant qu’à autre plusprofitable usage, tels fonds ne pourroientestre employés.
C o m m e il y a de la différence à édifiergénéralement les arbres, pour leurs di-vers naturels , aussi diversement en ti-rons-nous la despouille. De là vient queplus librement couppe-on, durant l’an-née , du bois des arbres secs, que desaquatiques , ausquels n’ose-on toucherqu’à certain terme préfix, de peur de lesoffencer , tant ils craignent d’estre taillésmal à propos : au lieu qu’ès secs l’on vasans grande rétention. Avec toutes-foismoins de respect que la chose ne mérite,sont-ils étestés ; d’où souvent avient, queles arbres en sont lourdement secous ,jusqu’au mourir. Laquelle grande li-berté , ne faut tirer en conséquence ,ains en la réformant, ordonner les vraiessaisons , esquelles , seules , le père-de-D ddd 2