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SEPTIESME LIEU
Anciensnoms desoziert.
le nom de saulx, et en faict trois princi-pales espèces, qu’il appelle, Grecs, Gau lois , Sabins ou Amerins (3 7 ) : donnantau premier la couleur blonde ou jaune,au second celle de pourpre, et au dernierla rouge. Déplus de couleurs en voyons-nous aujourd'hui, comme a esté repré-senté , selon que toutes choses s’affinentpar le temps : se diversilians aussi lesautres qualités par artifice. Les oziers en-tretenus bassement, ayans leur teste prèsde terre, comme vigne de telle sorte ,sont de meilleur rapport que les eslevés ,par produire les liens plus longs qu’eux ,et en plus grande abondance.
Ainsi accommoderons - nous les plusdoux, plus flexibles , et plus forts, quisont les qualités requises à tous oziers :sans entièrement s’arrester à la couleur ,de toutes y en ayant de bon service, pourles rendre , par ce traictement, encoresplus valeureux. Des jaunes dorés et desblancs , s’en treuvent communément defort bons, lesquels l’on recerchera soi-gneusement pour s’en engeancer : dis-tinguant aussi ceux qui sont propres àlier les vignes, arbres, et autres plantesvifves , d’avec ceux qui ne sont bons quepour les choses mortes, comme perches,paisseaux des vignes , treillages , cerclesà tonneaux, et semblables , qui n’ayantbesoin que d’estre fermement attachés ,ne se soucient pour serrés qu’ils soyent:au lieu que les plantes vifves s’offensentpar estre trop estrainctes. Le peu ou letrop estraindre, ne procédant tous-joursde la main du lieur, ains le plus souventde la vertu du lien, se resserrant ou selaschant à mesure qu’il se dessèche, faictqu’on recerche les divers naturels desoziers , pour diversement les employer
selon les ouvrages. De toutes sortes d’o- A plusieurs
. .. . services sont
ziers, donques, nous-nous pourveoirons , employés lespuis qu’en mesnage on a besoin de tout :les distinguans en l’ozeraie, par races sé-parées , tant pour l’utilité , que pour labien-séance. Et s’accommodera l’ozeraienon seulement pour le service, ains pourle plaisir, si à ce l’on destine les oziers ,les disposans en espaliers, tonnelles,berceaux , cabinets, et semblables gen-tillesses du dessein de l’habile jardinier,tant l’ozier est ployable. Ce que l’oziers’accroist dans les vignes et terres plussèches qu’humides , provient de la faci-lité de son vivre , s’accommodant partout : bien-que selon le nom d’aquatiquequ’il porte, difficilement endure-il lasoif. Pour laquelle cause, ne nous affec-tionnerons après les oziers, si n’avonsl’eau à propos, afin de ne forcer leur na-turel : ains seulement nous en fournironspour la nécessité. Au contraire, estant enlieu moite ou arrousé , ferons estât de cemesnage, et pour le service de la maison,et pour les deniers qu’on tire chacun an,de la vente des oziers. La manière deplanter les oziers , est celle mesme desautres plantes aquatiques, assavoir, parbranches, les fourrans dans terre à la ficheou au rayon. En lieu pierreux et sec,c’est de nécessité que le rayon faut quejoue, en autre endroit, ce sera à volonté,pour employer l’une ou l’autre sorte : yayant toutes-fois du choix, pour le profitdes oziers , qui se reprennent mieux, etjettent plus de bois, plantés en fossé, queseulement piqués dans terre avec la fiche.
Sur toutes les plantes aquatiques , lesoziers craignent la morsure des bestes ;c’est pourquoi on les loge en lieux fermés,jardinages, vignobles et semblables.