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pas facile de savoir auxquelles de ces espèces serapporte ce qu’ Olivier de Serres dit ici. Il sem-blerait qu’il n’a eu d’autre intention que dedévelopper ce qui précède; alors que signifientces mots : « de telle engeance en remarque-on» encores deux espèces ? »
Parmi les espèces indigènes à la France , ontrouve sur-tout les cliènes suivans :
Ç uercus racemosa. ) .
>Lhene a grappes.
— glomerata. j
Quercus villosa. . . ( Chêne velu (des envi-— lanuginosa. \ rons de Paris ).
(Chêne de Bourgogne.
Quercus cerris. . . . / Cette espèce en renfer-4 me peut - être plu-V, sieurs.
Quercustomentosa. J Chêl,e taussin ou tau 't zin.
Quercus fastigiata. (Chêne cyprès ou pyra-\ midal.
Ce genre chêne, le plus utile , peut-être celuiqui fournit des espèces dans tous les climats, estassez mal connu. En général, les cultivateursobservent peu , les botanistes connoissent mieuxles plantes herbacées que les arbres , la durée deleur vie les décourage ; et avons-nous des fores-tiers ? ( Ce. )
(27) L 'ilex , dont parle ici Olivier de Serres ,est le quercus coccijera. Le kermès qu’il nour-rit, est un genre d’insectes de l’ordre des hémi-ptères , et des gallinsectes de Réaumur. Il a lafigure d’une petite boule dont on aurait retran-ché un segment, et c’est par cette partie re-tranchée , qu’il adhère à l’arbre sur lequel ilvit pendant près d’une année. Sa couleur est d’unrouge brun , il est légèrement couvert d’unepoussière cendrée ; celui du commerce est d’unrouge très-foncé , et doit cette couleur au vi-naigre avec lequel il a été arrosé.
La récolte de cet insecte, qui se fait sans avoireu la peine de labourer et de semer , est très-précieuse pour quelques-unes des parties méri-dionales de la France . Elle a lieu à la fin duprintemps , et elle est plus ou moins abondante,selon que l’hiver a été plus ou moins doux, etle printemps sans brouillards et sans gelées ; elle
Théâtre d’Agriculture, Tome II.
se fait ordinairement par les femmes , et quel-ques-unes en ramassent jusqu’à un kilogramme(deux livres) par jour : il n’est pas rare d’enavoir deux récoltes dans l’année, mais la se-conde n’est jamais ni aussi abondante , ni aussibonne que la première.
On a remarqué que les arbrisseaux les plusvieux , qui paroissent les moins vigoureux , etqui sont les moins élevés , sont les plus chargésde kermès, et on en a conclu que ces arbris-seaux , dans cet état, convenoient mieux à lanourriture de ces insectes. On ne faisoitpas at-tention qu’on prenoit ici l’effet pour la cause :toutes les plantes, quelques vigoureuses qu’ellessoient, languissent bientôt, et se rabougrissentlorsque les insectes les attaquent ; et de tousceux qui vivent à leurs dépens , les coccus sontles plus nuisibles. La bonté du sol contribueà la grosseur, et à la vivacité de la couleur dukermès ; celui qui est récolté sur des arbris-seaux voisins de la mer est plus gros , et d’unecouleur plus éclatante que celui qui vient sur desarbrisseaux qui en sont plus éloignés.
Quelques étymologistes font venir le mot arabekermès, du latin -vermes, d’où l’on a fait succes-sivement guermes etchermes, et d’où nous avonsfait 'Vermillon, que les Grecs appellent ncaEexion,petit ver, parce que les larves de la graine d’écar-late ressemblent à de petits vers. ( H .)
(28) Ileæ aquifolium , le houx. Il n’a , pourles botanistes , aucune espèce de rapport avecles chênes. ( Ce.)
(29) Plus généralement, les Anciens , qui neconnoissoient pas avec exactitude le sexe desplantes, donnoient le nom de mâles à celles qui,dans leurs espèces , étaient plus vigoureuses ;et alors souvent ils appeloient mâles celles quiproduisoient des semences. Ces notions ontpassé jusqu’à nous ; c’est ainsi qu’on appelle en-core chanvre mâle celui qui donne les graines ;et notre auteur lui-même en a donné plusieursexemples dans les chapitres précédens. ( Ce. )
Voyez à ce sujet , dans le sixième Lieu ,les notes ( 1 5 ), page 44 2 ) colonne II; ( 63 ),page 464 , colonne II; et ( 88 ), page 470 ? co-lonne II. ( H .)
Page 669 ,colonne I yligne 33.
Idem ,colonne II ,ligne 21 .
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