DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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TouchantUs licts, etc.
ï)e la vais-selle.
qui est d’aimer plus le linge, qu’autremeuble de la maison : à ce qu’ayantabondance de linges de toutes sortes , etlins et grossiers, toute sa famille en soitbien pourveue , jusques aux valets et ser-vantes , pour payement de leurs che-mises , et autres choses convenues.
Avec pareil soin pourveoira la mère-de-famille à ses licts, les fournissant decoettes, cuissins, oreillers, materas, cou-vertes , rideaux , pavillons , custodes ,qu’elle fera faire de ses plumes , laines ,lins , chanvres, et des reliefs de ses soyes,estant en pays de meuriers, dont elle etses filles, feront aussi des tapisseries mes-lingées avec de la laine , du lin, du chan-vre , du cotton, comme l’on voudra ,pour courtinages , lapis de table, buffets,cheminées, chaires , tabourets , et autresornements de salle et de chambre j exer-cice très-louable pour toutes gentilles da-moisclies.
La vaisselle d’argent et d’estain, seraaussi bien gouvernée, et avec soin tantplus exquis , que plus sont sujettes àperdre le§ matières précieuses, que lesgrossières. L’on ne souffrira tel meuble
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aller en décadence, par faute de le fairer’accoustrer au besoin , ains à temps seraréparé, inesinc refondu, la nécessité yescheant. Ainsi le meuble de table, semaintiendra en bon estât: et soyent tasses,goubeaux, esguières , vazes , bassins ,plats , plats-escuelles, assiètes, escuelles-à-oreille, salières, cueillers , et auties ,rendront service agréable, pourveu quetous-jours le tout soit ncttexxxent tenu,bien poli et fourbi , jusques aux cous-teaux ; signes de la dextérité de lamesna-gère, que les estrangers survenans en lamaison, observent curieusement.
Si la paresse et la desloyauté n’estoientsi grandes aux gens de service , commeelles se voyent aujour-d’hui, les meublesdureroient plus en la maison qu’ils nefont, voire les aucuns pi-esques perpé-tuellement, par ne se consumer à l’usage,comme font ceux de verre et de terre.Mais telles pernicieuses humeurs ayantgaigné le dessus, contraignent la bonnenxesnagère , d’y tenir continuellementl’œil, par là ari'estant un peu le cours deleur rume. Tous utensilcs de cuisinefaictsde métail de cloche, de cuivre, de leton,comme pots à feu, marmites, chaude-rons , jxoisles, casses, bassines, poisson-nières , tartrières, et semblables j aussiles poisles à frire estans de fer, péi’issentpar mauvais gouvernement $ car telsmeubles sortis du feu, encores chauds,par la mauvaise servante , sont jettés surle pavé indiscrètement, où ils se bos-sèlent et persent, au lieu de les poserdoucement en leurs lieux, mesure d’as-seoir les cliauderons et bassines poinctuessur des bourlets, toi'ces, ou cliappelets,pour les garder de toucher au pavé, etde pendre au rastelier, les autx’es ayansqueue. Cela s’accorde avec ce qu’un chau-deronnierdu Montelimar, autres-fois m’adict, qui estoit de cognoistre au puiserde l’eau, quand les servantes estaient(lespitées contre leurs maisti'esscs, lorsne tenans conte de leurs cruches et seaux(quoi-que de cuivre, et par conséquentde matière de prix), qu’elles posoient ru-dement , sur le bord du puits , sanscrainte de les rompre : ce que plusieursfois il avoit observé de sa boutique, es-tant au devant d’un puits. Le mesure sevoid à la cuisine , au laver des escuelles ,que les servantes vicieuses ou mal-liabiles,
I)'oti pro-cédé la plusgrande ruinedes meubles.
Cuiiositêd'un chou-deronnier.