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HUICTIESME LIEU
Moyenspour cotiser -ver tes meu-bles.
estorcent et rompent, les pressans et jet-tans mal à propos: aussi inconsidérémentposans les utensiles frangibles, commeverres , pots de terre, mesme ceux ayansle cul rond, ès bords des tables et buffets,d’où tumbans sur le pavé, se cassent.Pour remédier à telles incommodités ,l’ordonnance de la mère-de-famille inter-viendra , condamnant les servantes aupayement des meubles qu’elles aurontrompu , ou par malice ou par trop de so-tise, leur en contant le prix sur leursgages : ce qui reviendra au profit des ser-vantes mesmes , quand devenues mais-tresses , auront apprins , par tel petitcliastiment, d’estre bonnes mesnagères.C’est aussi un autre bon moyen pour pré-venir la perte et le desgast des meublesde la cuisine, que de les tenir en veuecomme en parade : car estans rengés enbuffets et rastelliers , distinctement selonleurs matières et espèces, la mère-de-fa-mille entrant dans sa cuisine, en un clind’œil, void tous ses meubles, et se prendgarde de ceux qui défaillent, dont en faictfaire la recerclie à la chaude , lors estantplus fructueuse, que la délayant tant soitpeu. D’ailleurs , la représentation desmeubles ainsi disposés , est plaisante ; carsoyent-ils d’estain, de leton, de cuivre ,de fer, de terre, de bois, et à quels usagesqu’ils soyent destinés, pourveu que tenusbien nets, fourbis, esclaircis, et poséschacun en son lieu, sans confusion , tous-joui’s lesfaict-il bon voir, à la louangedes servantes, gage principal de leur di-ligence. Ainsi nos ancestres ont voulu lesmeubles de la cuisine estre tenus : ordrequi utilement s’observe encores par lesmeilleures mesnagères. Je ne parlerai icides meubles de la cave , par en avoir dict
autant que de besoin, sur le propos des Lieu vu,vins : ni aussi de ceux de bois pour les c '' apsales et chambres, comme tables , buf-fets , chaires , etc. en réservant le dis-cours au traicté de l’architecture rusti-que , que je délibère faire pour donnerdes avis au père-de-famille , à se bienbastir aux champs, selon le vrai art, aveccommodité et espargne. Là où je n’ou-blierai , Dieu aidant, de représenter lamenuiserie requise à la maison, pour lameubler ainsi qu’il appartient.
Comme les habits de la famille tiennent Hauts.reng entre les principales despences de lamaison, causans la ruine d’icelle, lorsqu’ayans plus d’esgard aux foies fanta-sies , qu’à se bien mesurer , l’on s’aban-donne aux bravades , à l’exemple desplus riches : aussi les prudens père-et-mère-de-famille , évitons tels périls,taschent de rendre telle nécessaire des?-pence , lapins petite qu’ils peuvent. Pre-mièrement, en se bien mesurans, pour,selon la faculté de leurs biens, s’habillerhonorablement, sans excès, eux et leursenfans : et après, enespargnans l’argent,n’aller chés le marchand qu’à tard, etencores, que ce soit seulement pour avoirles estoffes qu’ils ne peuvent faire faire enleur maison, à l’espargne des matièresqu’ils auront cueillies en leur terre.
Il n’y a quartier en ce royaume (je neveux dire province entière) où Dieu n’aitdonné à la terre , faculté de produirequelque matière servant aux habits del’homme j lesquelles nos mesnagers recer-cheront, pour les employer selon leursdiverses qualités. Nous avons parlé deslinges. Maintenant dirons des draps àlaine , que pour en estre pourveu, lepère-de-famille faisant vente aux mar-chands