DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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Dents
offensées.
Demie once de poudre d’alum bruslé, in-lusée dans deux onces d’eau de gobeletsde rozes , affermit les dents tremblantes ,si on les en fomente au matin. A blanchirles dents, ceste eau est fort recomman-dable : prenés eau commune, et eau roze,de chacune quatre onces; deux drachmesd’al um de glace bruslé, réduit en poudre ;canelle entière, demie drachme; le toutmis dans une phiole de verre, et icelle ex-posée au devant du feu du foyer, pour ybouillir jusques à la consomption de latierce partie , dont l’eau refroidie, aprèscoulée à travers d’un linge, sera serréeen une phiole pour y estre gardée jusqu’aubesoin. Ceste-ci nettoye les dents , pourordes et limoneuses qu’elles soyent, et lesblanchit, bien-que noires : prenés soulflevif, alum, sel gemme, de chacun unelivre; vinaigre, quatre onces : aucuns aulieu du vinaigre, y mettent l’esprit duvitriol, tiré en l’eau, avec une cornue, àfeu lent, afin que l’eau ne sente le soulfre.Les viandes aigres agassent les dents,spéciallement les fruicts mal qualifiés ,verts , acerbes , et aspres, dont les ra-cines sont enveloppées d’humeurs aci-des et astringentes ; ou bien de vapeursmontans de i’estomacli aux dents : pourde laquelle incommodité se deslivrer , lemoyen est de manger du fourmage vieilet fort : ou des nois, des amandes , et sefrotter les dents de telles choses : ou bienavec du pourpier , et d’en tenir la décoc-tion dans la bouche : ou de tenir dansla bouche du laict d’asnesse : ou aprèss’estre frotté les dents avec du sel et de lalaver la bouche avec du vin. Après
saugetous ces rem
èdes
pour
bien entretenir
les dents, sera bon de les frotter asséssouvent, avec des racines de guimauves ,
dont elles sont rendues polies et claires ,à quoi telles racines sont fort propres ,affermissant aussi les gencives , et y lais-sant bonne odeur, si à ce l’on les pré-pare. Les racines seront tronçonnées dequatre à cinq doigts de long ; estansgrosses, l’on les refendra pour en fairedes pièces, chacune de l’espesseur dupetit doigt, puis bouilliront six heuresdans l’eau claire, avec du sel, de l’alum, etd’iris de Florence; finalement, seront sé-chées, mais liastivement, non lentement,de peur de la pourriture, pour lequeldoubte , l’on les met au four, manquantla chaleur du soleil, si c’est en hy ver.L’arracher des dents est l’extreme re- i>,. t ar .mède de leur guérison, qu’on employera dcsdéfaillans tous autres, et l’espoir de la des-livrance de leur douleur; comme avientlors que les dents sont gastées de pourri-ture. Mais à ce ne se faut inconsidéré-ment résouldre , ains par bon avis, aprèsy avoir bien pensé , se choisissant unhomme expérimenté à telles choses ; depeur des fascheux accidents qui sou-ventes-fois y arrivent, quand par igno-rant mesconte la bonne dent est prinsepour la mauvaise, ou ceste-ci arrachéeavec trop de violence, dont flue abon-dance de sang, au péril de la vie du pa-tient. Il seroit bien plustost à souhait-ter, de faire tumber la dent corrompue ,par autre moyen que par la force ; maisà cela gist la difficulté, que de treuver lesmatières à ce propres ( comme aucunstiennent y en avoir de telle efficace ),qu’on recerchera par l’addresse du docteet expérimenté médecin. Les lèvres fen- Desdues et crevassées, pour avoir esté au^" ndu ‘ ! 'vent froid , ou à l’excessive chaleur ; oubien telles fissures provenantes d’autres