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Tome II. IIe. Partie.
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HUICTIESME LIEU

aussi de l’ozeille, pour ses bonnes quali-tés , en potage, et en sauces, avec du pou-liot, marjolaine et souci. La bourrache,la buglose, et le saffran, cestui-ci enpetite quantité, sont bonnes en toutessaisons. Les oranges, citrons, limons,grenades, sont salutaires en temps depeste. Quant aux fruicts des arbres , plu-sieurs y en a-il dont l’usage modéré estlouable, comme poires de bon-clirestien,pommes de court-pendu, prunes de Da-mas , et autres bien choisis et cueillismeurs , qu’on confira au succre avec dela canelle pour les corriger. La noisconfite au succre sert non seulement d’ex-quis aliment, ains de préservatif contrela peste. Le dormir et le veiller sont aussimodérés , l’excès de l’un et de l’autreestant dangereux en la contagion. Demesmeen est-il de l’exercice, dont le mo-déré est tous-jours le plus louable ; bien-que plus pernicieux est le beaucoup repo-ser, que le beaucoup travailler, en tempsde peste, de laquelle plusieurs ont estédesiivrés , par grand exercice. Est à dé-sirer d’avoir bon ventre , tel se le procu-rant, premièrement, par le vivre ordi-naire bien réglé , puis, par quelques pe-tites prinses et clystères laxatifs. Ceuxqui ont des hémorroïdes , des fistules, oudes fontanelles, ne les fermeront en teltemps, ains les laisseront fiuer, jnourdonner cours à leurs mauvaises humeurs,dont la peste en sera d’autant esloignée.Avec tous ces régimes, le tenir joyeu-sement est nécessaire ; par quoi se lais-sant conduire à Dieu , invoquant sonaide, l’on passera le temps en choseslionnestes, chassant toutes occasions detristesse et crainte de peste. Nous ad-jousterons à telle bonne conduicte, des

remèdes appropriés au temps, tels lesrecerchans. Les pillules d’aloès et demyrrhe, préservent les personnes de toutvenim , si on en prend le poids de demiedrachme, de deux en deux, ou de trois entrois joux's , puis beuvant un peu de bonvin trempé en eau roze ou d’ozeille : au-cuns en prennent tous les jours, soir oumatin , selon leur complexion, une pe-tite pillule, poisant la sixiesme partied’une drachme, qu’on destrempe, estantdure , avec du syrop de limon, ou à sondéfaut, du vin, et incontinent boivent unpeu de vin , comme dessus. L’antiquitéa auctorisé ce remède contre la peste,inventé par le roi Mithridates , et retenujusques à présent pour salutaire, par lesréitérées expériences : il est composéd’une figue grasse, d’une nois sèche , etde quatre ou cinq fueilles de rue , meslésensemble. Ces eaux sont très-bonnes à -Eaux .ce mal, empeschans le venim de donnerau cueur : d’ozeille, de chardon - bénit,de nois. La suivante , dicte juir excel-lence , eau contre la peste , est singu-lière, laquelle composerés ainsi: prenésau mois de Juin , cliardon-bénit, pim-pernelle , scabieuse , gentiane, souchet,autant de l’une que de l’autre ; fleurs debuglose , rozes rouges , herbes d’ozeille,et de morsus diaboli, au double desautres ; mettes le tout tremper en vinblanc , et eau roze, durant dix ou douzeheures, puis retiré de là , f’aictes-le dis-tiller au bain-de-marie , y ad-joustantdemie once de bol armene pour chacunelivre d’herbes 5 l’eau qui en sortira seraserrée dans une phiole } e t sur une pinted’icelle eau, l’on mettra demie once desandal citrin en poudre, et une drachmede saffran, puis la phiole sera exposée un