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Tome II. IIe. Partie.
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DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.

Meurtris-

seures.

celui de vers de terre, guérissent la dou-leur des joinctures. Le remède suivantest singulier pour telle maladie et autresdouleurs des bras, jambes, et costé : pre-nds poix noire, poix-resine, cire-neulve,une once de chacune; beurre frès, demielivre ; f’erés fondre dans un poislon, lapoix, la cire, et le beurre, et lors que ceschoses bouilliront, y jetterés dedans lapoix-resine , escacliée en menues pièces,laquelle sera incorporée avec les autresmatières, en les remuant avec un baston,pour les bien mesler ensemble. De tellecomposition estant chaude, seront oinctesles parties dolentes, et tant frottées qu’onle pourra endurer ; puis sur icelles, ap-pliquées un emplastre de ladicte compo-sition , l’y tenant durant vingt-quatreheures; après.refrotterés les lieux commedessus , et en suite, y remeltrés des em-plaslres, continuant à ce faire, jour aprèsautre , jusques à la fin du mal.

Pour meurtrisseures à cause de coupsreceus, par clieute ou autrement, où il ya contusion et icmisscuic, sont bons cesremèdes : appliquer contre les douleursdes joinctures venans de fraction , la ra-cine de glotteron , en Languedoc, dicteîampourdes , broyée et meslée avec del’huile d’olive : la semence delà poivrète,avec miel : la farine de lupins, destrempéeen vin : la farine de fèves, cuitte en vinai-gre : le jus de l’aloès, ou perroquet, avecmiel : cataplasme faict d’origan, ou mar-jolaine bastarde, vinaigre, et huile , ap-pliqué avec de la laine : Uniment faict del’herbe à esternuer, avec beurre frès. Rc-fort emplastre sur le mal avec miel, osteles marques de la meurtrisseure. La racinede chanvre résould les tumeurs, appli-quée avec huile de camomille. La fueille

de consoulde moyenne , avec huile demille-pertuis, appliquée , faict fondre lesang caillé dans le corps par clientes ,meurtrisseures et contusions. Oindre del’huile suivant les parties meurtries etcassées, leur est souverain remède : pre-nés marjolaine, persil, absinte, parié-taire, hyssope, de chacun une poignée;les pillerés dans un mortier, puis lesmettrés en un pot de terre vitrée, et par-dessus , de l’huile d’olive , tant qu’il sur-monte les herbes de quatre doigts; repo-serés le pot au soleil, à l’aspect du midi,où il séjournera trois mois continuels,assavoir, Juin , Juillet, Aoust, dans le-quel temps, l’huile se cuira suffisamment;lors coulerés l’huile à travers d’un linge,et en suite , le serrerés dans une pliiolede verre, pour le besoin. Aux meurtris-seures et casseures, est de mesme salu-taire le remède suivant, aussi aux nerfsretirés : ayés un renard jeune et gras ,faictes-le escorclier , puis ouvrir par leventre, pour en tirer la matière fécale ; ilsera cuit tout entier dans un petit chau-deron , en abondance d’huile d’olive ,avec baies de laurier , fucilles de sauge,et racines de guimauves ; là le renardbouillira longuement, et jusques à ce queles ossemens se séparent de la chair, eticelle réduicte en brouet ; et après lesavoir cassés, seront rejettes dans le chau-deron, pour en profiter la mouëlle , ybouillans un peu ; finalement, l’on cou-lera le tout pm une estamine , l’expri-mant à force, pour en retirer toute lasubstance, laquelle serrée dans des vazesde verre , ou de terre vitrée, y sera soi-gneusement conservée, pour s’en serviren liniment aux maladies susdictes , et àtoutes autres douleurs de la personne.