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Tome II. IIe. Partie.
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HUICTIESME LIEU

Plaies,

Onguent denicotiane.

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Pour plaies et ulcères venans de bles-seures , ou d’autres causes , la nicotianeest employée avec beaucoup de raison ;les excellentes vertus qu’elle a à consoli-der toutes sortes de plaies, par infiniesexpériences , l’ayant mise en grande ré-putation ; ses fueilles vertes ; l’eau quien est distillée; les desséchées et misesen poudre ; les onguens et baumes quien sont composés, mixtionnés avec autresingrédiens, sont singuliers pour la gué-rison de plusieurs maux. Meltés sur laplaie des lueilles de la grande nicotiane,fresches et escacliées : ou du jus d’icellesexprimé par le tamis , après en avoirpillé les lueilles dans un mortier : ou del’eau distillée d’icelles : ou de la poudrefaicte des fueilles sèches, puis bandés laplaie, laquelle, par tel remède, se conso-lidera dans peu de temps. Ainsi se com-pose l’onguent de la grande nicotiane oumasie, autrement dicte , petum , et enespaignol, tabac : prenés quatre livres dusuc et substance des fueilles de ladicteherbe , qu’aurés auparavant pillée dansle mortier de marbre avec un pillon debois ; passés lesdicts suc et substance àtravers d’un tamis assés ouvert, pour lesavoir plus espès que par une toille ser-rée; faictes-les bouillir dans un vaisseaud’érain, avec demie livre, cl’huile d’olive,jusques à ce que le suc soit consumé ; lorsy mettrés de poix-résine, et de cireneufve,de chacune demie livre; quandle tout serafondu, ostés-le de dessus le leu, le re-muant tous-jours avec la spatule, y ad-joustant demie livre de fine térébentinede Venise ; et après l’avoir reschaufié surles charbons , l’en retirant pour la der-nière lois , logerés la composition dans unvaze de verre, ou de terre vitrée , où la

laisserés refroidir avant que fermer levaze ; lequel par-après, très-bien bouché,la conservera longuement en bonté pourdivers usages. Autrement : prenés des Autre.fueilles de la grande nicotiane, autantqu’un grand homme en pourra contenirentre ses deux mains , nettoyés-les bien,Irottant une lueille après l’autre avec unlinge blanc , sans les laver aucunement ;pillés - les dans un mortier de marbreavec un pillon de bois , coulés-en le juspar un linge , mettés le jus dans un pois-ion , avec un quarteron de poix blanchede Bourgongne , un quarteron de poix-résine, demie livre de cire neulve, demielivre de graisse de pourceau Iresche, ettout cela meslé ensemble, sera mis bouillirsur petit feu, environ une heure (l’escu-mant tous-jours avec une cueiller debois persée), et en somme, jusques à cequ’il soit cuit, que cognoistrés mettantune goutte de la composition sur une as-siète , où elle s’affermira en se refroidis-sant , signe de sa parfaicte cuisson, à lamanière de la confiture au miel ; lors ti-rerés le poislon du feu , et à mesine ins-tant y jetterés dedans un plein verre, demoyenne contenue , de térébentine deVenise ; puis le poislon remis sur le feu,la composition y sera un peu reschaufïée,finalement tirée du poislon l’on la logeraen son dernier vaze , comme dessus. Au-trement : prenés trois onces de cireneufve, Autre.autant de poix-résine , faictes-les fondredans un poislon sur feu de charbon ; com-mençant à bouillir, jettés-y dedans unelivre et demie jus et marc de nicotiane ;tout cela ensemble bouillira cinq ou sixheures, dans lequel temps , l’aquosités’évaporera ; puis passerés le tout à tra-vers d’une toille grossière, et le remettras