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HUICTIESME LIEU
U en est question dans plusieurs articles d \x Jour-nal Economique, où l’on prétend que le moyende tirer le plus grand revenu d’un terrein borné ,est de le planter en groseilles et en arbres àcidre. Nous ne rapporterons pas les calculs dujournal, parce qu’ils sont relatifs à des valeurset à des époques déjà trop loin de nous. Ceuxqui se seront promenés dans les prés Saint-Ger-vais , à un myriamètre ( deux lieues ) de Paris ,auront , du produit des groseilles , une plusjuste idée que ne pourroient leur en donner tousles chiffres du monde. Mais , quant aux confi-tures de groseilles épepinées, c’est à Bar-sur-Ornain qu’il faut en étudier l’art, et en savourerles produits.
Dans l’article groseille du Cours completd.’Agriculture , Rozier enseigne à préparer unegelée avec ce fruit, gelée faite sans feu , et quiconserve beaucoup mieux tout le parfum de lagroseille.
Dans ses Instructions sur l’art de faire labière (Paris , 1783, in-12) , le Pileur d’Appli-gny dit : « que l’on tire des groseilles, en Angle-terre, une très-bonne eau-de-vie, que l’on par-fume avec les feuilles du même arbrisseau , dansla vue de lui donner une odeur qui approche decelle des eaux-de-vie de France ; mais ce qui luiparoit le plus digne d’attention , c’est le mélangedu moût de drèche avec le suc des groseilles:quatre litres (quatre pintes) de suc de groseillessuffisent pour trente-huit litres ( quarante pintes)d’extrait de drèche, ce qui fait environ vingt-huit litres et demi (trente pintes) de ce suc pourdeux hectolitres (un muid). Il faut faire cettebière dans la saison où les groseilles sont parve-nues à leur maturité, ou un peu plus tard , sil’on veut , les groseilles pouvant rester sur l’ar-bre , au moyen des précautions connues , jus-qu’au mois de Brumaire (Novembre ). » Le Pi-leur d’Appligny ajoute ce qui suit:
« Cette bière est plus agréable et plus salubrequ’aucune bière fabriquée suivant le procédédes brasseurs , et elle se conserve très-bien.L’addition du suc des groseilles n’occasionneyias une grande dépense, et 011 la regagne bienpar la simplicité des opérations. Ce fruit est fortcommun. Il le seroit encore davantage, si l’onen faisoit une plus grande consommation, puis-
que l’arbrisseau qui le fournit se multiplie très-facilement par boutures. »
Cet article peut servir de supplément à ceque j’ai dit , d’après M. Jolivet, sur la ma-nière de simplifier la fabrication des vins degrains ( tome I , troisième Lieu , chapitre XV,note (1 13 ), page 481 et suivantes ).
Rurtin ne peut assez répéter combien il seroitutile, pour les l’ays-Bas, d’exécuter ce qu’iljiropose, au sujet du vin de groseilles : il ytrouve un autre avantage. 11 défend de jeter lemarc du moût et les fruits pressés , comme celase pratiquoit autrefois trop généralement dansles pays de vignobles , faute de tonneaux , oufaute de connoissances. Il veut qu’on ajoute àce marc quatre fois autant d’eau bouillante, pro-cédé par lequel on obtient d’excellent vinaigre ,en laissant le tonneau , pendant quelques se-maines, dans un lieu chaud. On peut en obte-nir de même d’une infinité d’autres matièresvégétales , que l’on jette trop souvent commeinutiles.
Burtin a prévu que quelque censeur de mau-vaise humeur pourroit lui demander s’il pré-tendoit , pour son vin de groseilles , faire aban-donner les vins les plus excellens. Il répond ,avec grande raison , ce me semble , que les par-ticuliers dont la fortune est bornée , ignorentl’usage de ces vins si vantés ; qu’il vaut mieux,pour eux , boire un vin naturel , indigène , àbon marché , que d’acheter fort cher un vinmédiocre et incertain , tel que ceux cpie le com-merce pouvoit alors transporter dans la Bel-gique , et qui étoient presque toujours frelatés ,quand ils n’étoient pas composés tout entiersdans la cave même des marchands. Cependant,ajoute Burtin , rien n’empêche les gens richesde jouir tranquillement du fruit de leur opu-lence , et de se procurer les meilleurs vins del’étranger. A la vérité , il désire que le patrio-tisme et la perfection des vins de groseillesfinissent pardonner l’exclusion aux vins de rai-sins , parce qu’il n’y a pas de bons raisins dansle pays 5 mais le changement qu’il souhaite nesaurait se réaliser. La concurrence des groseillesne sera jamais redoutable pour les fameux vigno-bles , jaloux de conserver leur réputation. Rien11e l’emportera sur le Bourgogne , sur le Cham-