66 MACHINES A SIPHONS,
le jet l’enlève tout à coup beaucoup plus haut que le réservoir.On devait s’attendre à cet effet d’après ce que nous avons ditprécédemment; mais ce qu’il y a de singulier, c’est le bruitoccasioné par le choc des particules d’air contre celles de l’eauau sortir de l’ajutage. Ce bruit est un son approchant de l’har-monica mais moins doux. Si l’on vient à interrompre l’écou-lement de l’eau par l’ajutage, l’air qui sort seul ne produit plusqu’un sifflement ordinaire.
3°. Colonne oscillante.
209. » Le troisième moyen imaginé par l’auteur pour éleverl’eau d’un réservoir au-dessus de son niveau naturel, est ce qu’ilnomme sa colonne oscillante. C'est aussi de ces trois moyensprincipaux celui qui a paru aux commissaires de l’institut le plusnouveau, parce qu’on ne connaît rien qui ait pu en suggérerl’idée fondamentale; il est d’ailleurs d’une extrême simplicité,puisque tout le mécanisme se réduit à un tuyau adapté à un ré-servoir, et interrompu vers sa partie inférieure. C’est celle so-lution de continuité dans le tuyau , qui fait que l’on y voit avecsurprise l’eau monter au-dessus du réservoir, sans l’additiond’aucune autre pièce à la machine.
210. » Pour expliquer ce phénomène, imaginons un siphonrenversé, c’est-à-dire, dont les branches aient leurs ouverturespar en haut. Si l’on fait couler une balle dans ces branches, sanslui imprimer aucune vitesse initiale, il est évident qu’en vertu decelle quelle doit acquérir dans sa chute, elle remontera dans1 autre branche à la môme hauteur que celle d’où elle est partie4 a ns la première, et qu’abstraclion faite du frottement, cetteballe continuera d’osciller de l’une à l’autre branche, en remon-tant toujours dans chacune d’elles à la même hauteur.
211. » Mais si, dès que la première balle est partie, on lui enfait succéder une autre pareille qui lui soit contiguë, la première