TISSAGE. 219
célèbre, que, pour les faire connaître, nous croyons devoirtranscrire en entier le mémoire qui contient cette description.
Mémoire de Vaucanson sur la construction d'un métier pour les
ouvrages de tapisseries, extrait des Mémoires de l’Académie des Sciences
, année iy58.
703. «Il n’est point ici question de petits ouvrages que l’onfait à l’aiguille, il s’agit de grandes pièces qui se font au métier.On distingue deux sortes de ces métiers : la première est connuesous le nom de basse-lice ; la seconde, sous celui de haute-lice.
704. » La basse-lice est plus ancienne et plus en usage que lahaute-lice; toutes les manufactures connues ne travaillent mêmequ’en basse-lice, excepté celle des Gobelins, où la haute-licefut établie sous le règne de Louis XIV .
yo 5 . On imagina cette nouvelle manière de travailler les ta-pisseries, pour éviter trois grands inconvéniens qui se trouventdans la basse-lice : le premier de ces inconvéniens est d’êtreobligé de couper par bandes les tableaux que l’on veut exécutersur la tapisserie, ce qui les détruit entièrement ; le second incon-vénient est, que les objets sont repi’ésentés sur la tapisserie àcontre-sens du tableau; le troisième, enfin, est que, ne pouvantbien voir le travail de l’ouvrier que lorsque la pièce est entière-ment finie, tout moyen de correction se trouve interdit par lesfautes qu’il peut faire, soit dans le dessin, soit dans le coloris.
» Tous ces inconvéniens ont été levés par l’invention de lahaute-lice ; mais on y en a rencontré d’autres, auxquels on nes’attendait point, et qui vraisemblablement ont arrêté sesprogrès.
706. » Je ne puis me dispenser de donner ici une courte des-cription de la construction particulière de chacun de ces mé-