» ger. Mais ces souhaits auroient paru plu-» tôt l’effet de l'inquiétude de l’esprit, qui» desire toujours les choses qu’il n’a pas, que» la possibilité de vaincre en cette occasion» les obstacles de la nature.
» L’on a discuté la possibilité de la jonc-» tion des mers. Cette pensée hardie, quia» été l’objet des souhaits de quantité de Prin-» ces depuis plusieurs siècles, se trouve une» chose facile dans l’exécution. Il a déjà été» dépensé cent mille livres pour en faire» l’essai, et convaincre , par une expérience« sensible , de la possibilité de l’ouvrage, que» nous avions déjà reconnu faisable.
» L’on cherchoit autrefois de toutes parts» des hommes intelligens dans la conduite» des eaux, pour couper des montagnes et» embellir des palais que l’on bâtissoit du» sang du peuple; présentement, l’on dé-» tourne le cours des rivières, l’on rassemble» des eaux de toutes parts ; on les conduit» avec soin, artifice et dépense; mais ce n’est» ni pour embellir le jardin de Lucullus, ni» pour satisfaire au luxe de Séjan . Tout se» rapporte au bien public, à la grandeur de» l’Etat, et à l’avantage des peuples. De» toutes les dépenses qui se font pour le Lan-