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des trois années suivantes , il fut encore
créancier de sommes aussi fortes.
Riquet , pour suppléer aux fonds qu’onlui promettoit, étoit forcé de recourir à desemprunts ; lorsque cette ressource lui man-quoit, il tiroit des lettres-de-change sur lesintéressés à la ferme des gabelles , et sur lesautres trésoriers , qui consentaient à luiprêter leur nom etleur crédit. Ces lettryes-de-change étaient ensuite négociées , et la pertesur ces effets étoit souvent considérable.
En cumulant ces divers objets de dépense,l’exactitude du calcul exige une addition detrois millions au prix total du Canal , telqu’il est fixé ci-dessus. On doit le porter àdix-sept millions ; et il faut observer que lemarc d’argent étoit alors à vingt-six livres.
Telle est la somme totale qu’a coûté cegrand et bel ouvrage , qui a depuis enrichiune province entière. La fortune de Paul deRiquet y fut entièrement épuisée; il laissa àses enfans des dettes cpii excédoient unesomme de deux millions quatre-vingt-dixmille liv. (i). Pour les acquitter , ses héri-
(i) Archives du Canal. L’indication des créanciersde Riquet, et le montant de leurs créances y sont con-signés dans plusieurs inventaires.