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fermer la brèche en maçonnerie. Capestan est dans une espèce de désert : on n’avoitni matériaux, ni ouvriers , ni chaux : ce quirestoit dans le Canal étoit gelé ; la terre étoitcouverte de neige ; on n’avoit aucune res-source pour les subsistances des ouvriers.Les propriétaires du Canal, avertis de tousces désordres, commencèrent par s’assurer,sur leur crédit, de cinq cent mille francsà six pour cent. Ils répandirent ces fondspar-tout où le besoin l’exigeoit, assemblèrentprès de dix mille ouvriers sur la longueurdu Canal, firent un établissement de vivreset de fours à Capestan , ouvrirent dans laglace un Canal qu’il falloit renouveler tousles jours, pour faire passer une barque quialloit chercher des matériaux ; construisirentdes fours à chaux, assemblèrent des soldatspour mettre la police ; et en deux mois detemps tout fut rétabli , moyennant des ou-vrages de maçonnerie prodigieux , dont laconstruction paroissoit impossible avec lefroid et la neige. On séchoit le mortier avecdes brasiers et des fers rouges ; on déblayoitla neige le matin , et le lendemain on nepouvoit plus distinguer les ouvrages souscelle qui étoit tombée pendant la nuit. On