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Tome premier.
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1ETTRE ï.

Il

nie, cest vous surtout que jaime et quejadmire.

Vous dirai-je combien la peinture touchanteDe leurs amours naïfs, de leur vie innocente,

Ravissait à la fois mon esprit et mon cœur?

De ces tendres amants jenviais le bonheur ;

Dans le vallon désert, sur le rocher sauvage ,

Avec eux, jécoutais le bruit sourd de l'orage;

Lorsquils allaient sasseoir à l'ombre d'un palmier,Jarrivais avec eux sous larbre hospitalier.

Mais le moment approche, hélas ! Virginie,

Pour de lointains climats va quitter sa patrie.

Que devint Paul alors ! quel fut son désespoir,

Quand il la vit partir .pour ne la plus revoir !

Les antres écartés, les forets solitaires

Sont témoins chaque jour de ses plaintes ameres.

Quelquefois sasseyant sur des rochers déserts ,

11 croit voir le vaisseau fendre le sein des mers;

Il soupire, il gémit au lever de laurore;

Quand tout sommeille, hélasî sa douleur veille encore;Pour lui plus de repos, pour lui plus de bonheur;

Un noir chagrin flétrit et consume son cœur.

Mais tout à coup son cœur renaît à lespérance :

Virginie a quitté les rives de la France .

Du vaisseau qui la porte, à chaque instant du jour,

Paul vient sur le rivage attendre le retour ;

ïi la verra bientôt. Vain espoir î la tempête.

A cet affreux tableau , malgré moi je m'arrête.