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LIVRE PREMIER.
De quels traits par BufFon ils sont peints tous les deux -C’est le coursier lui-meme. Impatient, fougueux,
Au bruit de la trompette, au cliquetis des armes,
II emporte son maître au milieu des alarmes,
Sans crainte entend l’airain tonner de toutes parts,
Et foule sous ses pieds les cadavres épars.
Voilà bien l àne aussi : patient et docile,
Moins beau que le cheval, mais non pas moins utile,
On ne l’attelle point à nos chars opulents,
Mais humble, il vit et meurt dans la maison des champs..Quand du roi des forets BufFon m’ofïre l’image,
Je crois voir le lion avide de carnage,
S’élançant tout à coup au milieu d'un troupeau,Combattre, terrasser, déchirer un taureau;
Et les crins hérissés et la gueule sanglante,
Il rugit, et partout il répand l’épouvante.
Mais sa fureur se calme : avec quelle fiertéIl s’avance ! son port est plein de majesté.
En lui les animaux ont reconnu leur maître;
Tous ont frémi de crainte en le voyant paraîtreKAinsi de la Nature, habile observateur,
BufFon peint dignement l’œuvre du Créateur ;
Il dit le cerf léger, roi du bois solitaire,
Le chevreuil innocent, le tigre sanguinaire;
II surprend du castor les secrets merveilleux;
Pour peindre l'aigle altier il le suit dans les cieux ;
Et quand du colibri, bijou de la Nature,
H veut montrer l’éclat et la riche parure,