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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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d’un point de partage de I,3 mètre de hauteur seulement, aussitôt que l’on pourray joindre de part et d’autre l’eau de quelque ruisseau équivalant à un tiers decelle que l’on tire du point de partage, on augmentera la hauteur des écluses de6o centimètres, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’on soit parvenu à la plus grandehauteur que l’on voudra donner aux écluses. L’augmentation qui en résulterapour faire quelques écluses de plus est une faible considération, eu égard à l’avan-tage de ménager l’eau d’un point de partage, lorsque l’on n’en a pas une grandequantité; d’ailleurs, deux écluses de 1,3 mètre de chute ne coûtent qu’un tiersde plus qu’une écluse de 2,6 mètres, parce que s’il faut un radier de plus, lesmurs sont moins épais et les portes moins dispendieuses.

Il faut cependant observer que la dépense des éclusiers formerait un objet assezimportant s’il en fallait un à chaque écluse; mais celles qui avoisinent le pointde partage sont ordinairement assez proches les unes des autres, pour qu’unéclusier puisse en desservir plusieurs.

Lorsqu’un canal ne peut pas être alimenté par des sources sur une longueurassez considérable pour remplacer les filtrations et les évaporations, on peut di-minuer la hauteur de la chute des écluses graduellement et proportionnellementà la distance de la dernière prise d’eau, afin de compenser par la plus grandequantité d’eau que l’on tirerait des biefs supérieurs, comparée à celle que l’ontirerait des biefs inférieurs, ce qui s’en perdrait dans ces biefs par la filtrationet même par les évaporations. Ce moyen pourrait avoir son application, surtoutdans les terrains de gravier qui laissent perdre une partie de l’eau ; mais commeles grandes évaporations n’ont lieu que pendant un temps de l’année, et que dansles autres saisons ces différentes chûtes seraient un inconvénient, il vaudraitmieux les faire toutes égales, et obvier à la perte d’eau par un courant que l’onétablirait à volonté.

§ V.

Des écluses qui contiennent plusieurs bateaux.

On fait quelquefois des écluses qui contiennent plusieurs bateaux, et il y ena encore quelques-unes de cette espèce aux canaux de Briare et de Loing. Onles emploie assez utilement dans les endroits où l’on ne manque pas d’eau, etl’on peut même épargner plutôt aux écluses de cette espèce qu’aux écluses or-dinaires les murs de bas-joyers, en faisant seulement gazonner ou revêtir enperrés les côtés de la chambre qu’on laisse alors en talus. Quelques-unes de ces