— 52 —
les temps employés à traverser ees écluses, et les dépenses des constructions,sont à-peu-près entre eux dans la même proportion , et sont d'autant plus consi-dérables que les éeluses sont moins élevées, parce qu’elles sont en plus grandnombre ; mais l’augmentation n’est pas dans la même proportion de ce nombre.
Si l’on compare les écluses de 1,5 mètre avec celles de 5,9 mètres, on voitque les premières coûtent à-peu-près le double, et exigent le double du tempsdes secondes pour les passer ; mais elles ne dépensent que le tiers de la quantitéd’eau.
Si on les compare avec celles de 2,6 mètres, les premières coûteront environsept vingtièmes de plus et ne dépenseront que la moitié de la quantité d’eau.
Fig. u, pi. i Pour rendre sensibles ces rapports, j’ai tracé les courbes AK, AC, et la droiteDC sur l’axe EF. Les ordonnées delà première marquent les rapports des tempsemployés àparcourirletotal des écluses de différentes chûtes ; eellesde la secondemarquent les rapports de la dépense des constructions, et celles de la ligne droite1)C marquent ceux de la quantité d’eau quelles dépenseront.
On doit conclure de cette comparaison que lorsque i’on aura beaucoup d'eaudans un canal on pourra faire les écluses élevées, parce que l’épargne que l'onfait sur la dépense ne laisse pas que de faire un assez grand objet, qu’il faut aussimoins de temps pour traverser les écluses, et que la dépense des éclusiers estmoins considérable.
Cependant il faut observer que, dans le cas même où l’on ne serait pas obligéde ménager la quantité d’eau, l’entretien de ces sortes d’écluses et les risquesque l’on court sont beaucoup plus grands que pour des éeluses de moyenne hau-teur. Or. avait d’abord fait au canal de Languedoc des écluses d’une grande hau-teur, mais avant même que la navigation de ce canal fût établie on les démolitpour les faire plus basses, parce que la force de l’eau détruisait tous les ouvrages.
Lorsque l’on considère ensuite que ces écluses hautes dépensent deux à troisfois plus d’eau que les écluses moyennes, et de plus que les filtrations sont encoredans une plus grande proportion, parce qu’il est très possible de les rendre pres-que nulles. lorsque la hauteur n’est pas bien grande, et qu'il est presque impra-ticable de les éviter lorsque la charge est considérable, on verra aisément qu’ilvaut mieux adopter les chûtes moyennes , même lorsque l’on a beaucoup d'eau,à plus forte raison lorsque l’on est dans le cas de la ménager, comme cela arrivepresque toujours aux canaux à point de partage.
Comme les plus hautes éeluses que l’on ait faites n’excèdent guère 5,9 mètresde chiite, et les plus basses 1,5 mètre, il parait que la meilleure proportion est