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elle lie ensemble les matériaux avec lesquels elle a le plus d’affinité. Le sablevitrifiable est la matière qui a le plus d’affinité avec la chaux ; c’est aussi celleavec laquelle elle se lie davantage. Le ciment, qui est encore une matière vitri-liable, s’y lie encore avec force; il fait même de meilleur mortier que le sable,parce qu’il a en outre la qualité d’absorber l’humidité, et par conséquent defaire sécher et prendre corps au mortier très promptement. Mais il n’a cettepremière qualité qu’autant qu’il s’approche le plus du verre, c’est-à-dire qu’au-tant qu’il est cuit davantage.
Quoique la chaux ait une plus grande affinité avec les pierres vitrifîablesqu’avec les pierres calcaires, cependant elle en a encore beaucoup avec celles-ci,et comme ces pierres sont plus poreuses que les premières, la maçonnerie enest par cette raison meilleure. Les briques qui réunissent les deux qualités d’êtreporeuses et vitrifîables, et qui ont encore celle d’être absorbantes, font aussiune des meilleures maçonneries que l’on puisse faire; mais comme elles sontpeu dures, à moins qu’elles ne soient entièrement cuites, elles se dégradent or-dinairement et se détruisent à la longue.
La chaux vive en poudre que l’on emploie dans le mortier Loriot a en outrela qualité d’absorber l’eau avec laquelle elle est mêlée. Il faut même qu’elle larende absolument fixe, et en fasse une partie intégrante et solide du mortier,à qui elle donne une grande dureté, peu de temps après qu’il a agi sur les pierrespour les coler ensemble.
Il est certain que la chaux n’est autre chose que la pierre calcaire dont lefeu a séparé l’eau qu’elle contenait, que cette eau y était dans un état de soliditéet en grande quantité, puisque le poids de la pierre est presque deux fois plusconsidérable que celui de la chaux. Aussi, lorsqu’après la cuisson on mélangede l’eau avec la chaux, on ne fait que lui rendre ce qu’on lui avait ôté par le feu,et la qualité absorbante que prend alors cette chaux lui sert à convertir cetteeau liquide en eau solide et fixe. *
On doit voir par cette analyse de la chaux , qui paraît très probable, com-bien il est avantageux d’employer le mortier Loriot dans les écluses, puisqu’ila toutes les qualités relatives à ces sortes d’ouvrages, en ce qu’il est plus propreque le mortier ordinaire à remplir exactement tous les vides, et qu’il a une qua-lité absorbante qui le fait sécher très promptement, et l’empêche d’être per-méable à l’eau.
Quoique la découverte de M. Loriot ait fait beaucoup de bruit, et qu’il soittrès probable, par les passages qu’il rapporte de Pline et de Vitruve , que sa