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mur ne soit lié dans toute son épaisseur, chaque partie doit être assez forte pourse soutenir par elle-même, et est bien éloignée de ne former qu’un placage quipourrait se détacher.
Il ne faut pas négliger aussi de poser les pierres de parement en ciment fin. Maisl’on pourrait ici, pour plus grande précaution, employer le mortier du sieurLoriot, non qu’il réussisse beaucoup mieux qu’un autre pour empêcher l’eau depasser à travers, mais parce qu’il a une propriété qui lui est propre et qui esttrès convenable pour cette espèce d’ouvrage. Il est certain qu’il se gonfle considé-rablement pendant un temps assez long après avoir été employé : il serre par cemoyen très fortement les pierres entre lesquelles il est mis, fait remplir tous lesinterstices qui pourraient s’y rencontrer, et par ce moyen empêche absolumentla maçonnerie de tasser.
J’ai éprouvé cet effet très sensiblement à une grande voûte, en plate-bande,dont j’avais fait couler les joints avec un lait de chaux dans lequel j’avais mêléenviron un tiers de chaux vive en poudre et deux tiers de ciment fin : aubout de quelques mois, ce mortier, qui avait pris corps assez vite, s’était élevéà l’extérieur, et avait formé sur tous les joints un bourrelet de plus d’un centi-mètre de hauteur qui était fort dur, ce qui n’avait pu se faire sans que les cla-vaux ne fussent très serrés les uns contre les autres ; aussi cette plate-bande, quia 7,15 mètre d’étendue, n’a fléchi aucunement, quoiqu’on n’y ait employé au-cun fer.
Ce mortier, où l’on mêle de la chaux vive en poudre, a encore la propriété depouvoir être employé assez liquide, ce qui fait qu’il s’insinue davantage dans lespores de la pierre, et garnit beaucoup plus que du mortier ordinaire, qui, s’ilétait employé aussi liquide que celui-ci doit l’être, ne serait pas bon.
Cette propriété de se gonfler et de sécher promptement qu’à le mortier Loriot,ne provient que du mélange de la chaux vive pilée que l'on emploie avec dumortier ordinaire.
On sait que la chaux vive augmente assez ordinairement son volume, mêmede près du double, lorsqu’on l’éteint dans l’eau. En mêlant dans du mortierordinaire une partie de chaux en poudre dans le moment qu’on l’emploie, cettepoussière de chaux ne s’éteint que quelque temps après que le mortier a étéemployé, et alors son volume augmentant beaucoup, ce mortier est serré dansla maçonnerie qui ne peut pas s’élever : il emploie par conséquent son effet àremplir les interstices et s’insinue même dans les portes de la pierre; et commela chaux éteinte est un corps muqueux qui a toutes les propriétés de la colle,