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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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lcrrc les marchandises à Roanne,, et sur la Loire de là jusqu'à Orléans . Celtevoie est aussi la plus ordinaire pour le commerce de Lyon à Paris , en passantdepuis la Loire dans la Seine par le canal de Briare. Mais quoiqu’elle soit lamoins coûteuse, cependant on fait encore un transport considérable par terre,soit en passant par la route du Bourbonnais, soit par celle de Bourgogne . Laraison en est qu’en se servant de la Loire les commerçants sont obligés d’avoirdes commissionnaires à Roanne , d'y mettre les marchandises en magasin, d’es-suyer des retards pour attendre qu’il soit arrivé assez de voilures pour com-pléter une charge de bateau, ou en attendant que la navigation soit facile , cequi n’est pas bien ordinaire de Roanne jusqu’à Digoin , parce que ce n’est qu’àRoanne que la Loire commence à porter de gros bateaux.

On prend encore une autre route, en transportant les marchandises de Lyon àClûdons sur la Saône, de là à Vermanlon ou à Auxerre, par terre, et d’Auxerre àParis sur la Seine et sur l’Yonne . Par cette voie, la navigation est assez bonnepartout : mais comme on est obligé de former deux entrepôts, l’un à Châlons ,l’autre à Auxerre , les inconvénients sont bien plus considérables que par touteautre voie, et celte route est peu fréquentée, si ce n’est pour les marchandisesemballées que l’on envoie jusqu’à Chàlons, par eau, et qui de là sont le plussouvent transportées par terre jusqu’à Paris , parce que, pour éviter l’embarrasdes entrepôts et des commissionnaires, les commerçants en chargent les fermiersdes coches 5 mais, par ce moyen, ce transport devient presque aussi cher quecelui qui se fait entièrement par terre.

J’ai rassemblé, dans un tableau qu’on trouvera ci-après, le prix du transportdes marchandises de Lyon à Paris par les différentes routes que l’on suit ordinai-rement. On y trouve la longueur de ces routes, le temps que l’on met ordinai-rement à les parcourir, le prix du transport des marchandises emballées, ycompris les droits que l’on paie, et celui des marchandises en gros volume, telsque les vins et les blés, afin de donner les extrêmes des prix des transports ;mais comme plusieurs circonstances augmentent les transports actuels, surtoutpour les marchandises emballées, on y a joint une colonne qui marque ladépense effective à quoi pourra monter ce transport, lorsqu’il se sera établi uncommerce considérable sur la Saône , en remontant comme en descendant.

O11 observera à cct égard qu’à présent, quoique les fermiers des coches n’aientpas de privilège exclusif, ils font presque tout le commerce des marchandisesemballées qui se voiturent sur la Saône , et que, par cette raison, ils se font payerextrêmement cher, parce que n’y ayant point de concurrence par rapport à la