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fagots pesant 61,680,000 kilogrammes, et faisant la charge de mille quatre-vingt bateaux. Les bois se voitureront tant du côté de Paris que de celui deLyon, mais plutôt du côté de celte dernière ville et le long du Rhône qu’à Paris ,où l’on en conduit une grande quantité des bords de la Loire. Les cantons de boisne commençant du côté de la Saône qu’à dix lieues du commencement du canal,et à deux lieues du côté de la Loire, le transport moyen du côté de la Saône estde seize lieues, et de huit du côté de la Loire : en comptant qu’il s’en débiteradeux fois plus du côté de la Saône que du côté de la Loire, le transport moyensera de treize lieues, chaque bateau coûtera de transport 525 francs, et les millequatre-vingt bateaux coûteront 551,000 fr., dont 280,800 fr. pour les proprié-taires du canal, et 70,200 fr. pour les frais de bateaux et de halage. Pendantles premières années où l’on coupera la futaie, les trois mille sept cent-trcnle-einq bateaux de bois que fourniront les coupes rendront aux propriétaires971,100 fr., et couleront 242,775 fr. pour les frais de bateaux et de halage.
On n’a compté que sur les bois qui sont à moins de trois lieues de distancedu canal, parce que, eu égard aux droits et à la voiture, les bois qui seraientsitués au-delà de cette distance ne vaudraient pas dans le bois 2 fr. la corde, cequi est trop peu considérable pour engager à les couper. Mais pour engager àfaire transporter ces bois sur le canal lorsque ceux qui sont à portée seront cou-pés, on pourrait en diminuer les droits, de telle sorte que la corde valût toujoursau moins 4 fr. dans le bois. Ainsi ceux qui seraient à trois lieues de distanceseraient diminués de 2 fr., et ceux qui en seraient à quatre lieues seraient di-minués de 5 fr., et l’on paierait encore 11 fr. de droit pour chaque corde debois qui parcourerait treize lieues de longueur du canal. En diminuant de 8 fr.les droits sur chaque corde de bois éloignée de cinq lieues, ils seraient réduitsà moitié.
On voit que le commerce des bois formera un objet considérable du produitdu canal, parce qu’il y a peu de pays où il y ait plus de forêts que dans le Cha-rolais, par la seule raison que les terres y sont peu propres à produire du froment.
La voiture sur le canal coûtera pour treize lieues de transport moyen 15 fr. ;ainsi le bois qui sera à une lieue de distance du canal reviendrait à 16 fr. pourla voilure, et, en le vendant 24 fr. à Châlons , il se vendrait dans le bois 8 fr.Si le bois était éloigné du canal de trois lieues, il ne vaudrait plus dans le boisque 2 fr. la corde, par conséquent il y aurait peu de bénéfice à cette distance :il n’v en aurait aucun au-delà. Le débit de ces bois sera une ressource assuréepour l’approvisionnement de Paris , et surtout de Lyon , d’autant plus que laqualité du sol empêche qu’on ne défriche entièrement ces forêts.