— 107 —
par rapport aux bois, aux charbons de terre et aux vins, et par conséquentque l’on doit compter sur plus de quatre mille bateaux. Il doit être aussi plusétendu que celui du canal de Briarc, puisqu’il réunit toutes les principalesrivières et canaux de France , qu’il établit une communication bien plus consi-dérable que celui-là, et que la plupart des marchandises qui passent sur ce der-nier auront déjà passé sur celui du Charolais, qui conduira encore beaucoup debois de charpente et de marine, des chanvres, des vins de Bourgogne , deshuiles , savons et fruit de Provence, au couchant de la France et sur les bordsdelà Loire depuis Briare à l’Océan. De plus, on doit encore remarquer que laplus grande partie des marchandises du pays se transportera du côté de Lyon .Les bois, les fers, les blés, les poissons, les sels et la pierre, qui chargentplus de quinze cents bateaux, se porteront presque en entier du côté de laSaône . Les charbons de terre, plâtres, marbres et marchandises étrangères ,se chargeront à-peu-près également d’un et d’autre côté, et fourniront environneuf cents bateaux sur chaque rivière. Il n’y aura guères que le transport desvins qui se fera entièrement sur la Loire, celui de la Saône étant un petit objeten comparaison de ceux du Beaujolais, du Lyonais et du Dauphiné, qui serécoltent le long du Rhône, et qui pourront môme en fournir pour Paris , quipasseront sur le canal du Charolais ; de sorte que l’on peut porter à quinzecents bateaux ceux qui passeront sur la Loire , et à deux mille quatre cents ceuxqui passeront sur la Saône .
On pourrait encore estimer le produit du canal du Charolais par proportionavec les autres canaux exécutés jusqu’à présent, mais il est très difficile d’avoirdes états exacts du produit des canaux exécutés : les intéressés en font, ditM. De Lalande, un secret impénétrable. (Voyez M. De Lalande, page 536)-.Cependant on assure que le produit des trois canaux de Briare, d’Orléans et deLoing, joints ensemble, va jusqu’à 1,200,000 fr., et que l’entretien n’en absorbepas la dixième partie; que le produit net du canal de Briare est de 350,000 fr.,celui du canal d’Orléans de 200,000 fr., et celui du canal de Loing, qui les réunittous les deux, de 550,000 fr.
On peut à cet égard remarquer que les canaux d’Orléans et de Briare ontà-peu-près le même objet en se réunissant à celui de Loing; par conséquentque les droits de ces deux canaux doivent être considérés comme s’ils n’enfaisaient qu’un seul pour communiquer de la Loire à la rivière de Loing ; etquoique ces trois canaux contiennent trente-huit lieues trois quarts, ils ne doiventêtre comptés que pour vingt-cinq lieues moyennes. Par conséquent la longueur
Produit dej antrescanaux.