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Motifs de l'entre-prise du projet deLoag-Pendu.
Comparaison de ré-tendue de lorrain quifournil les eaux auxdifférents canaux àpoint de partage.
ou devait être placé ce canal, je me suis attaché à en examiner scrupuleusementtoutes les parties. Ayant fait les projets et dirigé l’exécution de cinq grandesroutes qui le traversent, j’ai reconnu par les nivellements de ces routes, et parla grandeur des ponts que j’ai été obligé de faire construire, que l’on pouvaitconduire au point de partage beaucoup de ruisseaux des environs, et que cesruisseaux étaient très abondants. J’avais surtout examiné avec attention la direc-tion des montagnes voisines , et leur élévation au-dessus de l’étang de Long-Pendu, qui se trouve placé sur la ligne de séparation des sources qui se rendentà l’Océan d’une part, et à la Méditerranée de l’autre ; je voyais clairement quecet étang était beaucoup plus bas que les montagnes voisines, et même quecelles qui en sont assez éloignées ; je connaissais les ruisseaux qui prennent leurssources dans ces montagnes; j’avais fait quelques opérations de nivellement pouren avoir la hauteur, et il me fut aisé de reconnaître que, sans avoir égard à unnombre considérable d’étangs qui se trouvaient aux environs de ‘celui de Long-Pendu, on pourrait y conduire une quantité d’eau non seulement beaucoup plusgrande que celle qui est nécessaire pour une bonne navigation , mais encoreque celle quantité surpassait beaucoup celle que l’on avait pu avoir pour tousles canaux qu’on avait exécutés jusqu’à présent, et surtout celle que l’on devaitrassembler pour le canal qui passerait par Dijon .
Je cherchai d’abord à comparer l’étendue du terrain sur lequel tombent leseaux de pluie qui forment les sources que l’on peut conduire au point de par-tage de Long-Pendu, avec celle des points de partage des canaux de Dijon , deLanguedoc, de Briare et d’Orléans , qui sont les seuls canaux à point de partageque je connaisse. Je me procurai à cet effet des cartes exactes de ces points departage, et je trouvai pour celui de Long-Pendu quatorze lieues et demie d’éten-due, huit lieues trois quarts pour celui de Dijon , huit lieues un cinquième pourcelui de Languedoc , treize lieues et demie pour celui de Briare. Par conséquentcelte étendue, pour le canal de Long-Pendu, est le double de celle du canal duLanguedoc, et une moitié en sus de celle du canal de Dijon . Et comme on a faitavec soin à ce dernier canal les jeauges des eaux qu’on pouvait y conduire, etque l’on a reconnu que la quantité qu’on a trouvée est suffisante pour une bonnenavigation, la possibilité et la facilité de l’exécution du canal de Long-Pendume parut aussi probable qu’elle pût l’être : sur quoi on doit encore observerque je n’ai pas compris, dans l’étendue du terrain des environs de Long-Pendu,tous les ruisseaux qu’on pouvait y conduire. ainsi qu’on peut le voir sur lacarte des points de partage des canaux de France , que j’ai tracée.