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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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Il n’est pas douteux que dans le même climat, et dans deux pays aussi sem-blables que le sont les environs de Pouilly et ceux de Long-Pendu, la quantitéd’eau que fournissent les sources ne soit à-peu-près relative à l’étendue duterrain sur 'lequel tombent les eaux de pluie qui les forment. Lorsque lesclimats sont différents, la comparaison n’est pas aussi exacte, mais on peut larectifier aisément lorsque l’on sait la quantité d’eau qui tombent communémentchaque année dans les différents pays.

On trouve dans les Mémoires de l’académie des sciences , année 1773, qu’ilest tombé moyennement 44 centimètres d’eaux à Béziers , pendant les huitannées qui ont précédé celle-là, et que pendant le même temps il n’en étaittombé à Paris que 39 centimètres par année moyenne; d’où l’on voit qu’iltombe environ un huitième plus d’eau de pluie en Languedoc qu’à Paris . Parles expériences que M. Maret, secrétaire de l’académie de Dijon , fait dans cetteville depuis seize ans, on a trouvé par année moyenne 70 centimètres ; par oùl’on voit qu’il pleut à Dijon un tiers de plus qu’à Paris , et un quart environ deplus qu’en Languedoc .

Il paraît d’abord singulier qu’il pleuve plus dans les parties méridionales deFrance que dans les septentrionales ; mais c’est une observation qu’on a aussifaite en Italie , où M. le marquis Poleni a trouvé qu’il tombait moyennement àPadoue 1,16 mètre d’eau par an. Probablement il tombe plus d’eau à Béziers et à Padoue qu’à Paris , parce que ces deux villes sont plus proches de la mer ;et comme il s’élève plus de vapeurs de la mer que des terres, la pluie qui s’enforme doit tomber en plus grande abondance sur les côtes que vers le milieudu continent. On sera moins étonné qu’il pleuve plus en Bourgogne qu a Paris et en Languedoc , lorsqu’on fera attention que cette province est dans le pays leplus élevé de la France , puisque la plupart de ses rivières y prennent leurssources, et qu’il y a beaucoup de bois et d’étangs.

M. de Luc, physicien de Genève , a trouvé, par le moyen du baromètre, quela ville de Lyon était à 164 mètres au-dessus du niveau de la Méditerranée. Encomptant sur les nivellements des différents canaux de Bourgogne , sur ceux deM. Picard, par rapport à la Loire et à la Seine , ce qui fait une suite de hauteursqui n’est interrompue que par de petits intervalles, que j’ai estimés par la pentedes rivières connues en quelques parties voisines, on peut compter que lesmontagnes de Bourgogne voisines de Pouilly et de Long-Pendu sont environ à330 mètres au-dessus de la Méditerranée ; que le point de partage du canal deDijon est à 401 mètres plus haut que celte mer, celui de Long-Pendu à 313,